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dimanche 8 mai 2016

Non à la privatisation de la cantine scolaire


Lundi 2 mai 2016, le maire de Corbeil Essonnes Jean Pierre BECHTER, un très proche du milliardaire Serge DASSAULT, a fait voter au conseil municipal la privatisation de la restauration scolaire. Il s’agit de basculer tout le fonctionnement de ce service au secteur privé. Sodexo, l’entreprise qui va bénéficier de cette « délégation de service public », va ainsi gérer la production des repas, la distribution de ceux-ci aux enfants et la facturation aux parents.

En donnant un marché supplémentaire à cette grande entreprise et en lui permettant du coup d’augmenter ses profits, le maire affiche comme objectifs de faire des économies : 500 000€ par an soit 3 millions d’euros sur 6 ans ! Ce sont donc des postes de travailleurs précaires (CDD, Contractuels, non titulaires) qui seront supprimés. Les salariés restants, moins nombreux, devront travailler plus au détriment du service aux enfants et de leur propre santé !

Les prix facturés aux parents augmenteront puisque tous les ans ils seront renégocier par la Sodexo qui ne cherchera qu’à augmenter ses marges.

En parallèle, Le maire a également annoncé une baisse de la dotation aux écoles. Elle va passer en 2016 de 30€ par enfant à 20€ soit une baisse de 33%. Ce sera autant de livre, de matériel que les équipes enseignantes ne pourront pas acheter. Ce sera pour les enfants des difficultés supplémentaires pour apprendre dans de bonnes conditions.

Par ses décisions, Bechter accompagne et aggrave la politique du gouvernement qui, depuis plusieurs années, diminuent les dotations de l’Etat aux mairies et aux collectivités territoriales. Les économies réalisées, le gouvernement les donnent gracieusement aux grandes entreprises sous forme de crédit d’impôts, pacte de compétitivité….

La mairie de Corbeil fait pareil. En dégradant les conditions d’accueil et d’apprentissage des enfants, elle permet aux actionnaires d’une grande entreprise de s’enrichir davantage. Et elle exprime son mépris des travailleurs qui y habitent.

Des parents d’élèves se sont mobilisés et ont exprimés leur désaccord lors du conseil municipal du lundi 2 mai. Là encore, le maire a exprimé son mépris et ne les a pas écoutés. Ils restent mobilisés et lancent une pétition en ligne pour populariser leurs revendications et obtenir de nombreuses signatures. L’idée d’une mobilisation plus large fait son chemin et nul doute que les parents d’élèves chercheront à se faire entendre à d’autres occasions.

mercredi 16 mars 2016

Pour imposer le retrait total de la loi travail, la lutte doit continuer et s'amplifier !

Editorial

14/03/2016
En difficulté pour faire passer leur projet de remise en cause du code du travail, Hollande et Valls ont passé leur week-end à en préparer une nouvelle version, afin de la faire approuver par certains dirigeants syndicaux.
Ainsi les indemnités décidées par les prud'hommes en cas de licenciement abusif ne seraient plus plafonnées comme dans le projet initial, l'article définissant les licenciements économiques serait rédigé autrement, les jeunes en recherche d’emploi pourraient recevoir une allocation. Moyennant ces changements, en grande partie formels, le gouvernement voudrait faire passer tout le reste, c'est-à-dire une remise en cause générale des droits des salariés.
Ce que voudrait imposer cette loi, c'est tout simplement la loi des patrons. Ceux-ci pourraient faire passer la durée quotidienne du travail à 12 heures, ne devraient plus respecter la durée minimum légale de 11 heures entre deux séances de travail, pourraient limiter à 10 % la majoration des heures supplémentaires. Et surtout ils pourraient licencier à leur bon plaisir, par exemple sous prétexte d'une baisse de leur chiffre d'affaires.
Ce projet a été dicté directement au gouvernement par le Medef, qui proteste d'ailleurs dès que l'on parle d'en changer une virgule. Le prétexte est toujours le même : les patrons prétendent que pour qu'ils puissent embaucher, il faut d'abord les autoriser à licencier.
Ce raisonnement absurde nous est répété depuis des années par  les gouvernements successifs, même si les faits ont démontré largement qu'il est faux. Jamais, nulle part, les facilités données aux patrons pour licencier ne les ont incités en quoi que ce soit à embaucher.
La vérité, c'est que le patronat voudrait profiter de la situation actuelle pour se débarrasser des quelques limitations que les luttes des travailleurs lui ont imposées au cours des ans. Les patrons estiment que pour cela la période est propice, car ils ont déjà vérifié que ce gouvernement était prêt à faire leurs quatre volontés, même au prix de se discréditer complètement aux yeux de son propre électorat. Ils lui demandent donc d'aller jusqu'au bout, de satisfaire tous leurs désirs.
Puisque Hollande est déjà discrédité, puisque dans un an il perdra le pouvoir, puisqu'au fond il n'a plus rien à perdre, les patrons estiment qu'il doit se sacrifier encore pour eux, et le gouvernement s'exécute.
Valls et Hollande ne font mine de reculer que parce que les réactions à leur loi les inquiètent. Le 9 mars, les grèves et manifestations ont été un succès et ils craignent qu'elles s'amplifient. Eh bien, cela doit justement encourager les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, qui sont tous menacés par cette loi, à se mobiliser encore plus largement.
Cette loi vise tous les travailleurs, ouvriers comme employés ou même cadres, en contrat à durée indéterminée ou non, intérimaires ou non. Elle fait partie d'une offensive générale, qui vise aussi par exemple les cheminots, en lutte eux aussi contre la démolition des règles en vigueur dans le transport ferroviaire et qui comme les autres ont fait grève le 9 mars.
Cette loi, qui est une négation des droits des travailleurs, ne peut pas devenir acceptable simplement parce qu'on en aura réécrit certains articles. Le gouvernement trouvera peut-être des dirigeants syndicaux pour la signer, mais il n'y a aucune raison que les travailleurs l'acceptent. C'est eux qui devraient le payer dans leurs conditions de travail, dans leur chair et dans leur vie !
Il faut imposer que la loi Hollande-El Khomri soit purement et simplement retirée. Il n'y a aucune raison d'accepter les reculs qu'elle prévoit. Mais il y a plus encore : cette loi vient après d'autres, dans une série d'attaques systématiques qui visent tous les domaines de la vie, des conditions des travailleurs et de leurs droits.
Dans son acharnement à sauver et augmenter ses profits, le patronat est prêt à nous ramener cent ans en arrière et il trouve pour cela l'oreille complaisante d'un gouvernement qui ne veut rien lui refuser. C'est tout le monde du travail qui doit mettre un coup d'arrêt à cette offensive.
De nouvelles journées de manifestations et de grèves sont prévues, les 17 mars, 24 mars et 31 mars. Il faut y participer de plus en plus nombreux pour montrer que la force est du côté des travailleurs, pour imposer le retrait total de la loi Hollande-El Khomri et dire au patronat et au gouvernement « ça suffit ! ».

lundi 8 février 2016

Dassault et les ventes d'armes

Un article du journal Lutte Ouvrière sur les ventes d'armes par Dassault

Dassault - Argenteuil : les vautours

03 Février 2016
Après avoir asséché les finances publiques pendant plusieurs décennies avec le programme Rafale, Dassault bombe le torse pour avoir réussi à décrocher deux contrats à l’export, avec l’Égypte et le Qatar. Mais les tensions qui s’exacerbent au Moyen-Orient sous la houlette des grandes puissances, et notamment de la France, lui mettent davantage l’eau à la bouche.
L’éditorial du journal d’entreprise Dassault Mag, signé du PDG Éric Trappier, illustre le cynisme des objectifs visés : « Contrairement à ceux qui voulaient toucher les dividendes de la paix après la chute du mur de Berlin, nous avons toujours su que la paix est un dividende de l’effort de défense. C’est aussi pour cela que nous faisons notre métier. »

C’est bien entendu au nom de la lutte contre le terrorisme que Dassault entend, lui, toucher les dividendes de la guerre. Et, comme il faut rendre tout cela présentable, le PDG, flanqué des représentants de toutes les organisations syndicales, est allé lui aussi « rendre hommage aux victimes du Bataclan ». Il est vrai que Dassault lui-même ne s’est pas risqué à une telle démonstration, tant elle serait apparue choquante aux yeux de tous, mais il y a délégué son premier violon, qui a affirmé aux salariés « l’avoir fait en votre nom à tous ». Mais à qui a-t-il donc demandé ?

Si Dassault a tenu à embarquer les organisations syndicales avec lui, c’est aussi qu’il compte faire taire tous ceux qui, à l’usine, tout en étant profondément choqués par ces attentats terroristes, ne se sentent pas pour autant solidaires des va-t-en-guerre et de celui qui compte bien en faire pour lui-même une opération très rentable.

samedi 12 décembre 2015

Grève à l'entrepôt ID Logistics de Lisses

Préparateurs de commandes, contrôleurs, caristes approvisionneurs, tout le personnel de l’entrepôt ID Logistics de Lisses (91) s’est mis en grève dans la nuit de lundi à mardi 8 décembre. Du jamais vu dans l’entreprise, réputée pour ses conditions de travail très dures, et un emploi intensif d’intérimaires (60% de l’effectif de « production »). Le quotidien du travail, c’est des cadences infernales qui contraignent beaucoup, pour obtenir la prime de rendement indispensable à « décoller du SMIC » et faire vivre sa famille, à raccourcir les pauses, à s’abimer le dos et les bras, à travailler dans des conditions dangereuses vu l’intense activité dans les allées de l’entrepôt. Les accidents du travail, parfois graves, y sont fréquents. 

Aussi, l’annonce de la suppression du système actuel  de primes qui nous obligerait sous peine de retomber à 1060€ de paye mensuelle, à augmenter encore beaucoup les cadences a provoqué la révolte unanime des personnels, chacun jugeant ces nouveaux quotas irréalisables.

 La direction n’a pas mis longtemps pour mettre en place tout un scénario pour intimider les grévistes. Provocations de directeur déambulant au milieu des deux cents grévistes, accusations mensongères dictées à l’huissier, assignation en référé de 46 grévistes choisis au hasard…

Tout cela est bien dans la ligne d’un patron qui voulait appliquer son plan sans discussions au 4 janvier au seul motif –évidement invérifiable- que le marché passé auprès de la chaine « Intermarché » pour laquelle nous préparons les livraisons des rayons alimentaires de ces magasins en Ile de France, serait déficitaire de 3 millions d’euros cette année.   

La détermination et le ras-le-bol accumulé sont tels que les provocations de la direction n’ont pas fait renoncer un seul gréviste. 

Les grands entrepôts répartis le long de la Francilienne font vivre à tous les salariés, embauchés ou précaires, des conditions d’horaires et de travail infernales. Ils sont mis sous le chantage permanent  des donneurs d’ordres, les chaines d’hypermarchés, qui mettent régulièrement en concurrence les gros transporteurs, comme ID Logistics, Géodis, Khune et Nagel ou Norbert d’Entressangle. C’est cette organisation qui devra être un jour remise en cause par tous les salariés de ce secteur.

mercredi 14 octobre 2015

À Air France et ailleurs, la lutte de classe existe bien

Editorial des bulletins d'entreprise
 
lundi 12 octobre 2015

« Scandaleux », « la chienlit » (Sarkozy), « des voyous » (Valls) : la hargne anti-ouvrière s’est déchaînée toute la semaine contre les salariés d’Air France à grand renfort d’images sorties de leur contexte et déformées par les médias parlant de « lynchage », là où deux cadres n’y ont laissé que leur chemise.

Ce lundi, on annonce l’arrestation à l’aube de cinq salariés comme s’il s’agissait de dangereux criminels. Après les politiques et les médias, la police et la justice vont donc s’acharner contre eux. C’est la lutte de classe dans toute sa brutalité.
Tant que les travailleurs subissent l’exploitation et les licenciements sans renâcler ; tant que le patronat porte les coups contre les travailleurs, les Sarkozy et les Hollande, la police et la justice ne trouvent rien à redire.

Mais que les salariés essayent de rendre ces coups, qu’ils laissent éclater leur colère contre les dirigeants et leurs larbins, et tout ce beau monde se ligue avec le patronat contre les travailleurs !

À longueur de journée, ces messieurs nous expliquent que la lutte de classe n’existe plus et que les intérêts des travailleurs et du patronat concordent parfaitement, mais, eux, ils la mènent en prenant fait et cause pour le patronat contre les salariés, en défendant les licencieurs contre les licenciés, les exploiteurs contre les exploités.

Sans perdre une minute, Hollande a condamné les salariés d’Air France. Tout juste rentré du Japon, Valls a organisé un conseil de guerre avec les dirigeants de l’entreprise, s’engageant à punir lourdement les « voyous » et cautionnant par avance les 2900 licenciements programmés.

Après avoir déversé sa bile contre le monde ouvrier, la droite a ordonné aux dirigeants syndicaux de se désolidariser des salariés et de les condamner sans appel. Et si elle a critiqué la direction d’Air France, c’est pour ne pas avoir licencié plus et plus tôt !

Quant au Front national, il s’est bien entendu joint à ce chœur anti-ouvrier avec Marion Maréchal Le Pen qui a dénoncé un « lynchage » et demandé l’intervention de la police.

Le FN prétend « défendre » les travailleurs, mais quand ceux-ci essayent de se défendre eux-mêmes, il hurle avec les loups. En condamnant les salariés d’Air France, le FN montre de façon éclatante son vrai visage, celui d’un parti profondément dévoué à l’ordre bourgeois et hostile aux luttes ouvrières. Il fait de la démagogie vis-à-vis des ouvriers et des plus pauvres, mais il les aime quand ils obéissent au patronat sans broncher. Dans l’opposition, le FN prend déjà fait et cause pour le patronat, cela en dit long sur la politique pro-patronale qu’il mènerait au pouvoir.

Tous ceux qui se placent dans le camp des travailleurs ne peuvent qu’être solidaires de la réaction des salariés d’Air France face à l’annonce des 2900 licenciements. Que croyaient les dirigeants d’Air France ? Qu’après avoir accepté depuis des années le gel de leur salaire, les milliers de suppressions d’emplois, l’aggravation de leurs conditions de travail, ils allaient sagement se laisser mettre dehors sans rien dire ? Eh bien non, les dirigeants d’Air France ont eu le retour de bâton et ils ne l’ont pas volé !

Air France a renoué avec les bénéfices ; le taux de remplissage de ses avions est excellent ; le marché aérien est en développement. Cela n’empêche pas la direction de s’en prendre aux salariés, de diviser et de monter des catégories les unes contre les autres et de faire un chantage à la faillite. Les mêmes manœuvres, les mêmes mensonges et les mêmes attaques patronales sévissent dans toutes les grandes entreprises du pays, et c’est cela qu’il faut combattre.
Et il s’agit bien là de violence. Car la vraie violence, c’est celle de la précarité et des salaires qui ne permettent pas de vivre, c’est celle qui condamne aujourd’hui six millions de femmes et d’hommes privés d’emploi, c’est celle de l’exploitation. Oh, les dirigeants qui décident de baisser les salaires, de licencier ou d’aggraver la charge de travail n’ont pas besoin d’élever la voix, ils ont le pouvoir. Mais leurs décisions sont autant de coups contre les travailleurs.

La domination patronale et sa violence épuisent les travailleurs et les chômeurs d’ici et tuent des millions de femmes et d’hommes au travers de la famine et des guerres. Il faut les combattre.

Et cela passe par un rapport de force, une colère collective organisée. Face à des travailleurs divisés et inorganisés, les patrons sont tout-puissants ; mais si la classe ouvrière s’organise, si elle se sert réellement de sa force collective, ce ne sont pas seulement deux chemises de hauts cadres, mais la dictature de la bourgeoisie qui sera menacée.
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lundi 24 août 2015

Editorial des bulletins d'entreprise Lutte Ouvrière

lundi 17 août 2015

La crise dans la filière du porc : les dégâts collatéraux de l’économie de marché
« La crise du porc » titrent des journaux en ce début de semaine. Les malheureux animaux destinés à l’abattage n’y sont évidemment pour rien. Les sursauts de colère qui expriment les oppositions d’intérêts entre agriculteurs et capitalistes des industries agroalimentaires ou de la grande distribution rebondissent cette fois dans le secteur de la production et de la commercialisation de la viande de porc. La cause immédiate du mécontentement des éleveurs réside dans le refus des deux principaux industriels du secteur de leur acheter les porcs à un prix leur permettant de rentrer dans leurs frais et de dégager un revenu qui leur convienne. Le conflit oppose aussi les éleveurs à l’État incapable même d’imposer le compromis sur les prix qu’il avait proposé.
Ce qui se passe dans l’agriculture concerne les classes exploitées des villes et avant tout, la classe ouvrière. Les salariés, les chômeurs et les retraités, en tant que consommateurs, ne peuvent pas accepter que la guerre des prix des produits alimentaires se traduise par des hausses à la consommation, alors que l’étendue du chômage, le blocage des salaires et des retraites, les prélèvements croissants de l’État démolissent déjà leur pouvoir d’achat. Mais aussi, pour des raisons politiques. De quel côté doivent aller notre sympathie et notre solidarité ?
Certainement pas du côté des capitalistes de l’agroalimentaire ou des grandes chaînes de distribution, ennemis directs des exploités. Les bénéfices encaissés par les propriétaires et actionnaires de ces entreprises proviennent fondamentalement de l’exploitation des travailleurs de ce secteur parmi les plus infects aussi bien pour les salaires que pour les conditions de travail. Mais lorsque le rapport des forces le leur permet, les capitalistes du secteur complètent leur bénéfice au détriment de leurs petits fournisseurs du monde paysan : producteurs de viande, de lait, de fruits ou de légumes parmi d’autres.
La solidarité des exploités doit aller à ceux des paysans qui vivent de leur propre travail sans exploiter personne, qui se font voler par les banques, les capitalistes de l’industrie et de la distribution, et gruger par l’État. Ce dernier prétend jouer les arbitres mais il prend parti pour le grand capital.
Le secteur agricole lui-même est cependant dominé par une minorité de capitalistes qui s’enrichissent en exploitant les ouvriers agricoles. La hausse des prix à la production, qui est une question de survie pour les petits paysans est en même temps une source de bénéfice supplémentaire pour les plus gros. Les luttes, même radicales, des petits paysans au fil des décennies ont toujours profité en dernier ressort aux plus riches de l’agriculture et ont conduit à une concentration croissante des exploitations agricoles et à la disparition des plus petites.
Là est le piège fondamental pour les petits paysans qui ont un pied dans le monde du travail et l’autre, dans le monde patronal. L’économie de marché et la concurrence les broient mais ils ne voient leur avenir que dans cette économie. La défense de leur propriété individuelle est le b.a.-ba de leurs convictions sociales. Ils s’endettent pour investir dans des équipements et machines de plus en plus coûteux afin d’être compétitifs. Mais ce faisant, ils se passent eux-mêmes le nœud coulant tenu par les banques et enrichissent au passage les capitalistes fabricants de ces équipements. Le résultat de toute cette évolution est, pour les paysans, l’éviction des campagnes de nombre d’entre eux. Et pour l’ensemble de la société, qu’on parle périodiquement de surproduction, de viande, de lait, de fruits ou de légumes, alors que, même ici en France, un nombre croissant de personnes ne se nourrissent pas convenablement et que, sur la majeure partie de la planète, les classes pauvres sont sous-alimentées ou meurent de faim.
La paysannerie, avec ses rêves de consolider la petite propriété en conciliant ses intérêts et ceux des prédateurs du grand capital, n’a aucune solution à une évolution dont elle est pourtant victime. La seule classe sociale qui peut offrir la perspective d’un autre avenir pour la société est la classe ouvrière, la classe de ceux qu’aucun intérêt ne lie à l’organisation capitaliste de la société, à l’économie du marché, à la concurrence, à la propriété privée des moyens de production. La seule qui a la capacité de reprendre le combat du mouvement ouvrier pour le changement révolutionnaire de la société. À condition d’en retrouver la conscience.
La « crise du porc » est une des expressions, et il y en a une infinité d’autres et de bien plus graves, de l’aberration et de l’injustice de l’organisation capitaliste de l’économie et de la société.

mercredi 8 avril 2015

Le 9 avril, le monde du travail doit se faire entendre


La manifestation du 9 avril partira à 13 heures de la Place d’Italie à Paris.
Lutte Ouvrière donne rendez-vous à ses camarades et amis au métro Gobelins, sous la banderole : « Contre la bourgeoisie et ses serviteurs politiques, faire entendre le camp des travailleurs. Lutte Ouvrière »


Lors d'une manifestation en octobre 2014 en province. Contre l'austérité. Arch. LO

mardi 28 octobre 2014

GDF soigne son PDG


Le Canard enchaîné révèle que Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, devrait toucher une retraite chapeau de 21 millions d’euros. Et mieux, ou plutôt pire, en 2013, plus de 100 millions ont été provisionnés pour améliorer les retraites de 21 cadres dirigeants de l’entreprise.
Au même moment, les salaires sont bloqués à GDF, un plan d’austérité est en cours avec des suppressions d’emplois à la pelle, tandis que le prix du gaz ne cesse de flamber pour les usagers.
C’est le bilan pour lequel Mestrallet est gratifié Provocant !

lundi 15 septembre 2014

Les salariés de l'hôpital sud-francilien en grève

Jeudi 7 septembre, c'est une centaine de voitures de personnels hospitaliers qui se sont rendus, en cortège, empruntant la N 7, à l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Evry. L'ARS étant leur grand patron. Le personnel s’est mis en grève pour protester contre la mise en place prochaine d’un allongement de leur temps de travail lié à la suppression d’une demi-heure de repas. 
A la recherche d'économies à faire (on se souvient que l'hôpital a été un véritable gouffre financier lors de sa création), la direction entend par cette mesure supprimer 34 postes de travail. Ce qui consiste à faire travailler plus ce qui sont en poste au lieu d'embaucher. 
C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Déjà sous pression suite à la perte de 3 RTT, et de nombreuses suppressions de postes mettant en danger la qualité des soins, et même la sécurité des patient, le personnel s'est mis en grève.
Les grévistes ont gagné dans l’immédiat le report de cette mesure prévue au départ pour le 1er octobre ! Au total, c’est 150 suppressions de postes que vise la direction.
Les salariés de l'hôpital ont raison de lutter contre les mauvais coups de leur direction
 

En avril 2013, les employés de l'hôpital étaient 
déjà en grève contre les compressions budgétaires 
et les suppressions de postes.

vendredi 15 août 2014

Quand la direction de la Snecma veut censurer la CGT à Gennevilliers

Un article à lire dans Lutte Ouvrière n°2402 du 15 août 2014
Dans les entreprises


Snecma, Gennevilliers (Hauts-de-Seine) : la direction veut censurer la CGT
Le 31 juillet dernier, le secrétaire de la CGT de l'usine Snecma de Gennevilliers recevait de la direction une lettre recommandée où il était reproché au syndicat d'avoir appelé à manifester le mercredi 23 juillet en solidarité avec le peuple palestinien. Cet appel du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens réclamait entre autres « l'arrêt immédiat des bombardements sur Gaza, l'arrêt de l'agression israélienne en Cisjordanie et Jérusalem, la levée du blocus, illégal et criminel sur Gaza ». L'appel avait d'ailleurs été relayé par la confédération CGT.

Dans son courrier, la direction se permettait de donner une leçon de droit syndical en décrétant que « l'objet social (d'un syndicat) est la défense des droits et intérêts des salariés », « qu'une organisation syndicale n'a pas vocation à exprimer des revendications de nature politique, et encore moins lorsque celles-ci ont trait à des questions de politique internationale ». Pour le couplet moralisateur, elle estimait tout bonnement « inacceptable, voire irresponsable, que l'organisation syndicale (...) se soit rendue coupable de prosélytisme à caractère politique dans l'enceinte même de cet établissement ». Et, pour ponctuer son réquisitoire, la direction, menaçante, s'engageait à prendre « les mesures qui s'imposent » si la CGT récidivait.

Que la direction ose menacer de sanctions un syndicat qui appelait à manifester sa solidarité avec un peuple meurtri, cela montre bien de quel côté elle se trouve : du côté des oppresseurs.
Quant au verbiage sur les domaines d'intervention d'un syndicat, ce n'est pas à la direction de dicter sa loi. Quand les syndicats se battent contre le blocage des salaires, se battent pour empêcher les licenciements où préserver les acquis sociaux, ils combattent aussi les gouvernements qui mettent en place ces politiques. Devront-ils demain s'empêcher de dénoncer la politique antiouvrière de Hollande/Valls sous prétexte qu'on basculerait alors dans le domaine politique ?

Pour ce qui est de la solidarité internationale, la direction semble découvrir qu'elle puisse exister. Elle est pourtant inscrite dans l'article 15 des statuts de la CGT, où il est écrit que le syndicat exerce son activité « en développant la solidarité internationale et la défense des intérêts communs à tous les salariés du monde ». Cette solidarité, la CGT l'a exprimée dans le passé pour dénoncer l'apartheid ou plus récemment pour exprimer son soutien aux travailleurs tunisiens ou égyptiens lors du Printemps arabe.

Face à ce qu'elle considère comme une provocation, la CGT n'a pas l'intention de laisser fouler aux pieds la liberté d'expression.

Correspondant LO

mardi 17 juin 2014

Nous sommes tous des cheminots

Editorial des bulletins d'entreprises
lundi 16 juin 2014

Depuis mercredi, des dizaines de milliers de cheminots sont en grève contre la réforme ferroviaire. Ce que le gouvernement présente comme une réunification salutaire entre la SNCF et RFF n’est qu’un « plan de compétitivité » destiné à réaliser des milliards d’économies sur le dos des usagers et des cheminots en vue de la privatisation de la SNCF.Pour les cheminots, elle se traduira par plus de flexibilité, par des jours de congés en moins, par le blocage de leurs salaires et des suppressions d’emplois. Les cheminots disent non, ils ont raison.

Le gouvernement a choisi l’épreuve de force. « Il faut que cette grève s’arrête », ont ordonné Hollande et Valls. Cuvillier, le secrétaire d’État aux Transports, a même accusé les cheminots d’être des « incendiaires ». Comme les grévistes de l’usine d’Aulnay-sous-Bois avaient été accusés par les dirigeants de Peugeot d’être des « casseurs », voilà que c’est le tour des cheminots.Cette fois, ce n’est pas une grande famille bourgeoise qui manifeste sa rage, mais un gouvernement PS. En se montrant aussi autoritaire contre les grévistes qu’il est à plat ventre devant les patrons, il apparaît sous son vrai jour.

« Il en va de la sauvegarde de la SNCF et de sa modernisation », se défendent les ministres. Mais de Peugeot à La Poste en passant par La Redoute ou par Bouygues Telecom, on sait ce que cachent les mots de « modernisation » ou « restructuration » : une régression et des attaques contre l’emploi et les conditions de travail.On peut être usager de la SNCF et touché par la grève, on n’en demeure pas moins un ouvrier ou un employé qui mesure les conséquences de ces reculs, pour les subir soi-même.

Les politiciens et les médias se répandent en calomnies contre les cheminots. Quel cinéma, les médias ont-ils dû faire pour que « l’exaspération » des usagers s’exprime ! Quelle dramatisation autour du bac ! C’est écœurant. À chaque fois que des travailleurs se battent pour ne pas être transformés en chômeurs et pour leurs droits les plus stricts, ces gens-là les clouent au pilori et les accusent d’être des « privilégiés » et des « irresponsables ». C’est d’ailleurs aussi parce qu’ils se battent que les intermittents du spectacle sont accusés d’être les enfants gâtés du régime de chômage !

Patronat et gouvernement voudraient que l’on se taise et se résigne face à leurs mesures anti-ouvrières. Alors, que les cheminots et les intermittents du spectacle relèvent le gant est une bonne chose pour tous les travailleurs car il faut rompre cette spirale qui nous tire tous vers le bas.

Bien sûr, la grève des cheminots « gêne ». Mais si les cheminots sont en mesure de bloquer sérieusement la marche de la société, c’est qu’ils sont indispensables. Il en va de même pour tous les travailleurs. Les intermittents ne peuvent pas bloquer les trains mais ils peuvent aussi peser sur l’économie. L’annulation d’un festival comme celui d’Avignon coûterait, dit-on, plusieurs millions d’euros pour les hôteliers ou les restaurateurs. Chaque jour de grève coûterait 20 millions à la SNCF. Eh bien, cela donne une idée de ce que les travailleurs rapportent au quotidien et prouve qu’ils apportent infiniment plus à la société qu’ils n’en retirent. S’ils n’ont pas leur part, c’est que celle-ci leur est volée par une minorité qui se repaît de l’exploitation.

Cela donne aussi une idée de la force que nous représenterons lorsque tous les contingents de salariés entreront en lutte ensemble, avec la conscience que, par delà nos secteurs d’activité, nous subissons la même offensive et que nous avons les mêmes exigences à défendre.

Alors oui, il faut marcher la tête haute, être conscients de nos droits et nous battre pour nos intérêts. Nous sommes mille fois plus utiles que ces parasites qui nous font la leçon. Les cheminots, comme les intermittents, ouvrent la voie et peuvent en être fiers.

Jusqu’où les cheminots vont-ils pouvoir aller ? Les directions syndicales résisteront-elles aux pressions gouvernementales ? Sont-elles traversées par des divisions qui pourraient les conduire à négocier des arrangements contre la poursuite de la grève ? Quoi qu’il en soit, il revient aux grévistes et à eux seuls de décider de l’avenir de leur mouvement. Ils ont montré qu’ils n’étaient impressionnés ni par les attaques du gouvernement, ni par celles des médias. Leur mécontentement est profond et suffisamment légitime pour qu’ils tiennent bon.

Vive la grève des cheminots ! Vive la solidarité entre travailleurs !

lundi 16 juin 2014

Les cheminots ont raison de faire grève

La force des travailleurs c'est la grève

Le gouvernement et Hollande ont fait feu de tout bois contre les cheminots grévistes ce week-end. Ils veulent ainsi démontrer aux capitalistes que quand les travailleurs manifestent et protestent, ils savent leur résister. Ils sont d’ailleurs bien plus sensibles aux exigences des catégories bourgeoises (« pigeons », Peugeot, Mittal, etc.)

Les cheminots ont décidé dimanche de ne pas s’en laisser compter- et les dernières informations de ce lundi matin confirment qu’ils ont l’intention de poursuivre leur mouvement. Encore bravo !

Le seul argument qui contraindra le gouvernement et le patronat à reculer, c’est celui du rapport de force instauré par les travailleurs en lutte. Et de ce point de vue, la victoire des grévistes de la SNCF sera une victoire pour le monde du travail dans son ensemble !



SNCF : le PS ajoute le mépris à ses attaques contre les grévistes

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Cambadélis, a ajouté sa petite musique contre les grévistes de la SNCF. Après avoir affirmé qu’il serait bon, « presque intelligent », de la part des cheminots, de suspendre leur mouvement, il s’en est pris aux salariés qui, en France, n’auraient pas « la culture du compromis ». 

Le PS lui a en revanche une « culture » très ancienne du mépris des travailleurs et de leurs revendications.

lundi 2 juin 2014

Siemens se débarasse de 11600 salariés

Dans le cadre de la restructuration de leur groupe, les dirigeants de la grande multinationale Siemens ont décidé de supprimer 11600 postes dans le monde. Ces mêmes dirigeants proposaient de racheter une partie de l'activité d'Alstom pour plusieurs milliards d'euros.

Mais Siemens n'a pas attendu le rachat pour se débarrasser des travailleurs de son propre groupe quitte à ce que la nouvelle fasse capoter ses affaires en cours. Au nom du profit les patrons alignent des milliards d'euros sur la table pour racheter une entreprise et de l'autre suppriment des milliers d'emplois.

Dans le rachat d'Alstom qui ne s'est pas encore fait,  le groupe Siemens avait l'appui du ministre Montebourg. Ce dernier a encore loupé une occasion de se taire. Il pourra toujours méditer sur l'ingratitude des patrons qui montrent leur vrai visage de requins sans scrupules quand il s'agit de faire du profit.

samedi 3 mai 2014

Pas touche au service réanimation de l'hôpital d'Arpajon


A la mi avril, entre 500 et 600 personnes –personnel hospitalier compris-, ont manifestés dans les rues d’Arpajon pour protester contre la volonté de fermeture du service de réanimation de leur hôpital. L’ARS –Agence régionale de santé- a pris cette décision jugés scandaleuse par les personnels et la population. 

Le service de réanimation de l’hôpital d’Arpajon se situe parmi les cinq premiers d’Ile-de-France. La population locale augmente et les besoins en soin aussi. La fermeture de ce service conduirait les malades à s’orienter vers Massy où l’hôpital sud francilien d’Evry-Corbeil.Conséquences : désorganisation de  l'établissement d'Arpajon, temps de transport rallongé pour les patients,  surcoût de travail pour les personnels des autres hôpitaux. 

Pourquoi cette décision absurde prise contre l'avis des personnels ? Les technocrates de l'Agence régionale de santé appliquent la politique gouvernementale d'austérité. Ils raisonnent en termes comptables. Quand ils décident de fermer un service, le seul critère pris en compte est celui de faire des économies. C’est tout simplement inacceptable.

Grève à l’hôpital Sud-Francilien contre des suppressions de postes


Vous vous souvenez de l’affaire de l’hôpital Sud Francilien ? Construit dans le cadre d’un partenariat public privé dit PPP par le groupe Eiffage, avec la bénédiction des politiques Dassault et Valls, cet hôpital s’est très rapidement révélé être un gouffre financier pour les collectivités locales et une affaire juteuse pour le groupe immobilier Eiffage. 

Pour les collectivités locales : surcoût des travaux, malfaçons et loyer exorbitant sur 40 ans. Conditions de travail dégradés pour les salariés. Après des années de bataille, une solution a été trouvée pour sortir de ce montage financier, véritable piège. L’hôpital  a du racheter une partie de sa dette et a repris sa liberté. Comme quoi c’est possible. Mais l’hôpital reste en difficulté. Son déficit s'élève à 30 millions d’euros. Et pour l'éponger, on présente la note aux salariés : la direction veut supprimer 52 postes. Le personnel refuse et s'oppose par la grève aux suppressions de postes. La direction a lâché du lest et rétabli deux postes d’aide soignants. Mais le compte n'y est pas.