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dimanche 22 novembre 2015

une censure inacceptable

Interdiction de la manifestation de soutien aux migrants à Paris  


Communiqué

19/11/2015 

Il est significatif qu’une des premières victimes de l’état d’urgence instauré par le gouvernement et soutenu par l’ensemble du personnel politique de la bourgeoisie soit la manifestation de solidarité en faveur des migrants, prévue dans la région parisienne pour le dimanche 22 novembre. Les préfets des départements de la région viennent de publier un arrêté « portant interdiction des manifestations sur la voie publique dans les départements de la région Ile-de-France ».

Réfugiés réclamant justice et demandant un logement décent
Justifié au nom de « la guerre contre le terrorisme », l’état d’urgence est utilisé contre ceux qui ont dû fuir leur pays précisément en raison de la terreur exercée sur la population notamment par l’État islamique, et contre ceux qui, ici en France, souhaitent exprimer leur solidarité avec eux.

L’interdiction de cette manifestation révèle clairement l’escroquerie du gouvernement qui consiste à détourner l’émotion légitime ressentie par toute la population devant l’horreur des attentats terroristes, pour tenter de l’embrigader derrière sa politique de va-t-en guerre au Moyen-Orient. 

Cette escroquerie bénéficie de la complicité de tous les partis politiques de la bourgeoisie, du Front national au Parti socialiste.

La prétention de protéger la population est un mensonge grossier. De la gauche gouvernementale à l’extrême droite, tous les partis se livrent à une surenchère de gesticulations qui non seulement sont inefficaces pour juguler les groupes terroristes mais contribuent à aggraver le climat de méfiance entre leurs victimes en fonction de leur origine. Instaurer la suspicion et la crainte, c’est ce que recherchent les groupes terroristes eux-mêmes.

Lutte ouvrière se joint à tous ceux qui protestent contre l’interdiction de la manifestation de solidarité avec les migrants, et considère que la censure que cette interdiction implique à l’égard de femmes, d’hommes, d’organisations qui rejettent clairement le terrorisme, est inacceptable.

dimanche 15 novembre 2015

Apropos des attentats vendredi 13 novembre 2015


 Un communiqué de Nathalie Arthaud

Un massacre atroce et inqualifiable


14/11/2015

Massacrer des gens dans une salle de spectacle, dans des bars et des restaurants, aux abords d’un stade ; ceux qui ont perpétré hier plusieurs attentats, à Paris et à Saint-Denis, ont voulu faire le maximum de morts, aveuglément. Ces attentats sont des actes ignobles. Nous exprimons notre émotion et toute notre solidarité avec les victimes et avec leurs proches.
Quelles que soient les idées dont se réclament ceux qui ont perpétré ces attaques, ce sont des ennemis de tous les travailleurs. S’il se confirme qu’il s’agit d’islamistes, leur violence procède de la même barbarie que celle des djihadistes syriens ou irakiens, qui cherchent, par la terreur, à mettre en coupe réglée des populations entières, à réduire les femmes en esclavage et à liquider tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

L’horreur des attentats perpétrés à Paris et à Saint-Denis renforce ceux que leurs auteurs prétendent combattre. Ils renforcent l’État français, qui instaure l’état d’urgence et accroît les mesures policières. Ils renforcent l’extrême droite, ses discours haineux vis-à-vis des musulmans et des immigrés, et sa revendication d’un État plus fort. 

Nous partageons entièrement l’émotion de la population, et en particulier de tous les proches des victimes de ces attentats. Mais nous n’avons aucune solidarité avec l’État français et avec ses dirigeants politiques. Ceux-ci ont une large part de responsabilité dans les guerres qui ensanglantent aujourd'hui le Moyen-Orient, des guerres dont Paris a eu, hier soir, un écho sanglant.

C’est pourquoi Lutte ouvrière n’ajoutera pas sa voix au concert de l’unité nationale. Nous ne partageons rien avec les Hollande, les Sarkozy et les Le Pen. Toute notre solidarité va aux victimes et à leurs proches. Nous poursuivrons notre combat pour un monde débarrassé de l’obscurantisme, de l’injustice, de la domination impérialiste et de tous ses avatars.

Nathalie ARTHAUD

Un lien vers un exposé récent du Cercle Léon Trotsky dont le sujet était la barbarie des djihadistes et celle de l'impérialisme


Moyen-Orient : la barbarie des djihadistes et celle de l’impérialisme

mercredi 8 avril 2015

Le 9 avril, le monde du travail doit se faire entendre


La manifestation du 9 avril partira à 13 heures de la Place d’Italie à Paris.
Lutte Ouvrière donne rendez-vous à ses camarades et amis au métro Gobelins, sous la banderole : « Contre la bourgeoisie et ses serviteurs politiques, faire entendre le camp des travailleurs. Lutte Ouvrière »


Lors d'une manifestation en octobre 2014 en province. Contre l'austérité. Arch. LO

Faire du 9 avril un succès et aussi le début d’une prise de conscience

Editorial des bulletins d'entreprise
lundi 6 avril 2015

La CGT, FO, la FSU et Solidaires appellent, ce jeudi 9 avril, à faire grève et à manifester. Il faut que les travailleurs révoltés par les licenciements, la montée du chômage, la précarisation des emplois, le recul incessant de leur pouvoir d’achat, se saisissent de cette occasion pour s’exprimer.
Il faut qu’ils saisissent cette occasion aussi pour exprimer leur écœurement envers ce gouvernement qui se dit socialiste mais qui mène la politique voulue par le grand patronat et les banquiers, avec autant de servilité que l’a fait la droite sous Sarkozy, l’hypocrisie en plus.
Dans sa volonté de réserver une part croissante de son budget aux grandes entreprises capitalistes et aux financiers, le gouvernement marche sur les pieds de bien des catégories sociales. Nombre d’entre elles, des notaires aux médecins, des huissiers aux buralistes, sont descendues dans la rue pour protester. Les seuls qu’on n’a pas réellement entendus, ce sont les travailleurs, les chômeurs, qui subissent, dans toute leur férocité, l’avidité patronale et la crapulerie gouvernementale.
Le monde du travail que l’on pousse vers la pauvreté a pourtant infiniment plus de raisons que toute autre catégorie de rejeter la politique menée. Il a surtout la force de faire trembler ceux qui l’exploitent et l’oppriment. Ceux qui n’ont ni capitaux ni rentes et qui ne peuvent vivre que de la vente de leur force de travail font marcher l’économie. En réagissant collectivement, ils ont le pouvoir de la bloquer et, par là même, d’arrêter la pompe à profits qui saigne ceux qui n’ont rien pour enrichir les actionnaires et les banquiers.
Il faut cesser de nous taire. La politique d’austérité, la démolition du peu qui dans la législation protégeait les travailleurs, les économies sur les services publics, tout cela contribue au recul des conditions d’existence des classes populaires.
Cela ne s’arrêtera pas tout seul. Face à la crise de son économie, la classe capitaliste ne peut sauvegarder les profits de ses entreprises, les dividendes de ses actionnaires et l’accroissement de la fortune des grandes familles bourgeoises, de Bettencourt à Dassault, de Mulliez à Arnault, de Peugeot à Bolloré et les autres, qu’en écrasant toujours plus les salaires et en faisant pression sur les travailleurs pour les rendre toujours plus corvéables.
Les anciens se souviennent que, même dans des périodes où l’économie était en croissance, où les affaires de la bourgeoisie allaient bien, les travailleurs n’ont jamais pu faire l’économie des grèves et des luttes. Avec la crise, renouer avec les luttes devient une question de survie.
Bien sûr, une seule journée de manifestations, ce n’est pas la lutte qui serait nécessaire. La situation exige des luttes amples, déterminées, allant en s’élargissant au point de faire peur au patronat, au point de menacer ce qu’ils appellent « l’ordre social » mais qui n’est que du désordre qui pèse sur les exploités. En sachant que les travailleurs n’ont jamais d’amis au sommet de l’État mais seulement des ennemis entièrement dévoués au grand capital.
Un succès le 9 avril contribuerait à redonner courage à ceux qui sont aujourd’hui découragés, avec le sentiment, justifié, d’avoir été trompés, trahis par une gauche arrivée pourtant au pouvoir grâce à leurs bulletins de vote.
Le simple fait d’avoir à manifester contre un gouvernement socialiste qui a bénéficié si longtemps de la complaisance des directions syndicales devrait faire réfléchir tous les militants ouvriers. Il est aujourd’hui manifeste que le PS au gouvernement est un ennemi du monde du travail. Voilà sur quelle réalité surfe le revenant Sarkozy pour se poser en recours. Voilà ce qui permet au FN, suppôt du grand capital comme les autres mais plus réactionnaire et plus menaçant encore pour le mouvement ouvrier, d’avoir l’impudence de se poser en porte-parole des plus pauvres.
Disons-nous bien que même ceux qui à la gauche du PS prétendent s’opposer à la politique d’austérité mais sans s’opposer à la dictature du grand patronat sur l’économie, sans mettre en cause le capitalisme, s’ils arrivaient à la tête de l’État, trahiraient inévitablement les exploités.
Alors, il faut être nombreux aux manifestations du 9 avril. Et au-delà, il faut que ceux qui se considèrent dans le camp des travailleurs face à celui de la grande bourgeoisie se posent la question de recréer une force qui représente les intérêts de la classe ouvrière sur le terrain politique. Cela signifie qu’elle se donne pour objectif ultime l’expropriation de la classe capitaliste par la lutte collective des exploités.
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mercredi 28 mai 2014

Après les résultats des élections européennes

Communiqué de Lutte Ouvrière
La seule voie pour les travailleurs
Le Front national de loin en tête des résultats, le Parti socialiste plus bas que jamais depuis des décennies, et tout cela sur la base d’une forte abstention : voilà les éléments marquants de ces élections européennes.
Comme aux municipales, le PS a été rejeté par son propre électorat. Il paye le prix de sa politique, entièrement consacrée à favoriser les intérêts des groupes capitalistes et des banquiers en multipliant les mesures qui aggravent les conditions d’existence des classes populaires.
Le FN a réussi à détourner à son profit l’écœurement provoqué par le PS. Marine Le Pen a annoncé triomphalement que c’était la fin du bipartisme, c’est-à-dire de l’alternance de la droite et de la gauche au pouvoir.
Si cela s’avérait exact, cela signifierait seulement que la supercherie de l’alternance entre l’UMP et le PS serait remplacée par une alternance à trois.
À la rivalité gauche-droite, en concurrence pour la mangeoire mais d’accord pour mener la politique exigée par la grande bourgeoisie et les possédants, s’ajouterait un troisième larron. Mais quelle que soit leur combinaison, le pouvoir mènerait sa politique en fonction des intérêts des possédants, des grands groupes industriels et commerciaux et des banquiers qui détiennent le véritable pouvoir.
Le FN, comme les deux autres, représente une politique pour la bourgeoisie mais avec des méthodes encore plus brutales et en charriant toutes les idées réactionnaires, rétrogrades, xénophobes et racistes. Avec, en plus, la menace que le renforcement même simplement électoral du FN encourage une mouvance anti-ouvrière qui ne se contenterait pas de voter mais qui serait prête à passer aux actes contre les travailleurs immigrés d’abord, contre les travailleurs tout court ensuite.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Dans l’immédiat, il y a la responsabilité écrasante du PS, le désespoir et la perte de repères que sa politique a engendrés dans les classes populaires.
Mais il y a une responsabilité plus générale des grands partis issus du mouvement ouvrier qui, au fil du temps, ont complètement sacrifié les intérêts de la classe ouvrière pour accéder au pouvoir gouvernemental où ils ne pouvaient pas mener une politique autre que celle de la grande bourgeoisie.
Si le FN a pu devenir le déversoir du mécontentement dans les classes populaires, c’est qu’il n’y a plus face à lui de partis qui représentent les intérêts des exploités.
C’est dans ce contexte que les résultats de Lutte Ouvrière, pour modestes qu’ils soient, préservent une perspective politique pour les travailleurs. Ils confirment la présence d’un courant politique qui s’est saisi des deux élections de l’année pour rejeter le faux choix entre des partis qui sont leurs oppresseurs d’aujourd’hui, d’hier ou de demain. Ils expriment la conviction que les exploités, ceux qui n’ont ni capitaux ni rentes et n’ont que leur travail pour vivre, peuvent se constituer en une force politique opposée aux partis de la bourgeoisie.
Cette force ne pèsera réellement sur la vie politique que lorsque la classe ouvrière retrouvera sa combativité et ses moyens de lutte : les grèves, les manifestations, l’action collective.
Les milliers de femmes et d’hommes qui ont voté pour nos listes ont fait le geste d’exprimer leur approbation des objectifs qu’il faudra imposer par la lutte pour empêcher le monde du travail de tomber dans le chômage et la pauvreté. Ils représentent une minorité, mais une minorité consciente que les combats à venir devront opposer clairement la force collective des travailleurs à la grande bourgeoisie et aux gouvernements à son service. C’est la première condition de leur efficacité.
Celles et ceux qui ont voté Lutte Ouvrière ont levé un drapeau, celui de la tradition révolutionnaire du mouvement ouvrier. Renforcer ce courant, lui donner la force d’intervenir dans la lutte de classe au quotidien, dans les entreprises, dans les quartiers populaires, est la tâche primordiale dans la période à venir. C’est la seule manière de s’opposer à la montée des forces réactionnaires qui menacent d’engloutir la société.
C’est, enfin, ce courant qui pourra faire émerger un parti véritablement communiste, capable d’œuvrer à ce que la classe ouvrière enlève à la bourgeoisie capitaliste le pouvoir qu’elle exerce sur l’économie et sur la politique, pour créer une organisation sociale sans exploitation et sans oppression.
Cela semble utopique devant le succès affiché par le FN, souligné encore par le désappointement des autres partis et amplifié par les commentateurs. Mais, pour les travailleurs, c’est la seule voie.

dimanche 13 avril 2014

Gouvernement et gestionnaires de la santé préparent le démantèlement de la santé publique



La Fédération hospitalière de France (FHF), qui réunit les représentants des directions de la plupart des établissements publics de santé, a rendu publiques ses propositions pour réaliser plusieurs milliards d’économies.

  C'était en janvier dernier lorsque les salariés de la Fonction Publique, y compris de la Fonction publique hospitalière protestaient contre le mesures d'austérité du gouvernement Ayrault et ses milliards d'économies.    






Prétendant s’opposer à la politique dite « du rabot » qui répartit « aveuglément les coupes budgétaires », la FHF propose de faire reposer une grande partie des sacrifices sur les personnels des hôpitaux : « maîtrise de la masse salariale », renégociations des accords RTT, auxquelless s’ajouteraient des suppressions d’emplois. Curieuse façon de contribuer à l’amélioration de la « qualité des soins » que ces gens-là prétendent défendre…

Ministres et gestionnaires de la santé publique sont engagés dans des négociations pour mettre l’hôpital public à la diète. Quelles que soient les mesures retenues, personnels et patients vont en faire les frais. Il ne faut pas les laisser faire !

Amiabte Fillon mis en cause


Manifestants qui réclament le jugement des coupables
La CGT a déposé une plainte visant François Fillon et Xavier Bertrand auprès de la Cour de justice de la République (CJR) pour « mise en danger d’autrui » en raison du délai de mise en œuvre d’un décret qu’ils avaient signé en 2012 sur la protection des travailleurs exposés à l’amiante.

Ce décret prévoyait la diminution de la limite d’exposition à l’amiante mais repoussait l’entrée en vigueur de cette norme au 1er juillet 2015. « Cela revient à dire : c’est dangereux, mais on ne vous protège pas », soulignait à juste titre la représentante de la CGT. Et combien de travailleurs se retrouvent exposés à l’amiante, risquant ainsi leur vie à cause de ce délai donné aux entreprises ?
Manifestation de protestation contre les dangers de l'amiante


D’après les estimations, l’amiante pourrait provoquer le décès de plus de 100 000 personnes d’ici 2025. 

Victimes des patrons qui, pour des raisons financières, ont continué d’utiliser ce matériau alors qu’on en connaissait la dangerosité… et de dirigeants politiques vraiment pas pressés de mettre le holà.

Valls signe un chèque en blanc au patronat



Communiqué

Le nouveau Premier ministre Manuel Valls vient d’annoncer la suppression des cotisations patronales sur les salaires équivalents au smic ; c’est un encouragement à payer les travailleurs le plus bas possible. À part l’enrichissement direct des actionnaires, cette mesure n’aura d’autre conséquence que de tirer les salaires vers le bas. Et ce n’est pas tout : baisse de l’impôt sur les sociétés et des cotisations familiales, suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés… 

Au total, le cadeau sera de 38 milliards. Pour le patronat, c’est Noël en avril !


Légende de la photo

En 2005, Valls maire d'Evry en compagnie de son voisin, le millardaire Serge Dassault, grand patron et maire de Corbeil-Essonnes.  En septembre 2012, Dassault lui accordait toute sa confiance alors qu'il occupait le poste de ministre de l'Intérieur et se distinguait par une politique répressive à l'égard des Roms. Le milliardaire se payait ainsi le luxe de lui dire "Bravo Manuel" et de "continue ainsi" (dans cette voie). 

Entre Valls (le Parti socialiste) et les patrons français, c'est une vieille histoire de relations, d'amitié et de renvoi d'ascenseur. 





Quant aux prétendues annonces de Valls pour les petits salaires, il ne s’agit que d’un tour de passe-passe avec le salaire différé que représentent les cotisations salariales. La hausse de salaire dérisoire qu’un tout petit nombre peut espérer obtenir (au mieux 1,36 euros par jour) entraînera une diminution du budget de la Sécu, et cela sera payé par tous les travailleurs. Ce que le gouvernement présente comme une mesure en faveur des salariés est une tromperie et une attaque de plus.

Enfin, même si Valls revient sur certaines hausses d’impôt payées par les plus modestes, le bénéfice de ce petit geste sera immédiatement annulé par les 50 milliards de coupes budgétaires. Celles-ci se traduiront par des baisses d’allocations, par l’accès plus restrictif à certaines aides, à la santé, par moins d’enseignants, d’hôpitaux, de bureaux de poste, de transports collectifs et de services de proximité.
Pour mieux servir le patronat, Valls aggravera « la souffrance » des plus modestes, qu’il prétend avoir entendue. Les députés et le patronat lui ont dit leur confiance. Pas les travailleurs !

NOTE  
Extrait d'un article du Nouvel Observateur - Politique - site internet-  publié le 5 avril 2014 sur Manuel Valls : "En 2012 et en 2013, Manuel Valls a rendu visite à l'université d'été du Medef. "J'ai des contacts réguliers avec les grands patrons, c'est normal", confirme-t-il. Dans la plus grande discrétion, le ministre de l'Intérieur s'entretient volontiers avec Christophe de Margerie (Total), Henri de Castries (Axa) ou Gérard Mestrallet (Suez)."

vendredi 28 mars 2014

Après le premier tour

Un article d'analyse de la situation politique publié dans notre hebdomadaire Lutte Ouvrière n°2382 du 28 mars 2014

Élections municipales - Après le premier tour


Les leçons du premier tour des élections municipales sont claires : un désaveu cinglant du PS et du gouvernement. Les jongleries verbales de certains notables sur le caractère local de ces élections ne les ont pas sauvés des conséquences de ce désaveu.
 
Leur rôle de cinquième roue du carrosse gouvernemental et leurs états d'âme vaguement critiques sauvent les écologistes du recul électoral subi par le PS. 
Quant au PC, à demi dans l'opposition, même lorsqu'il conduit une liste avec le PS, il sauve les meubles. Comme le résume Le Monde, « le PCF résiste mais est fragilisé dans certains de ses bastions ». Et lorsqu'il se présente seul, il se heurte souvent, en plus de la droite, aux ambitions du PS. 
La droite parlementaire, pourtant engluée dans les scandales, ébranlée par la guerre des chefs, progresse en pourcentage malgré la concurrence du Front national. 
L'aspect le plus spectaculaire de ce glissement vers la droite est cependant l'accroissement du nombre d'électeurs en faveur des listes du FN. Il y a évidemment la conquête de la mairie de Hénin-Beaumont. Mais si la conquête d'une mairie par l'extrême droite a des conséquences pour les habitants de la ville concernée, ce qui compte plus généralement, même là où le FN n'a aucune chance d'emporter la mairie, c'est l'emprise des idées réactionnaires que cela révèle, qui pèsera inévitablement sur la vie politique et sociale, et qui pèse déjà en réalité.

mercredi 26 mars 2014

Les résultats de Corbeil-Essonnes au 1er tour des municipales – 23 mars 2014.





Inscrits
Votants
Exprimés
Participation
Abstention
23050
11230 ( 48.72%)
10639
48.72%
51.28%

Union de la droite
Jean pierre Bechter
4838 voix
 45.47%
DVG PC
Bruno Piriou
2376 voix
22.33%
Union de la gauche PS, EELV
Carlos Da Silva
2250 voix
21.15%
Divers gauche
Martine Soavi
502 voix,
4.72%
Divers gauche
Mohamed Chabbi
363 voix,
3.41%
Lutte Ouvrière Faire entendre le camp des travailleurs
Jean Camonin
310 voix
2.91%

310 personnes sur Corbeil-Essonnes ont donc voté pour le programme que nous avons défendu « Faire entendre le camp des travailleurs ». Le chiffre est modeste comparé à ceux des grands partis, mais compte tenu du grand nombre de liste de gauche, et de la forte abstention sur la ville, il n’est pas négligeable. 

Il témoigne d’un courant, certes minoritaire, mais réel, d’un courant résolu à défendre le monde du travail afin de résister aux attaques du patronat et du gouvernement dans cette période de crise de l’économie capitaliste.  


Nous continuerons à défendre ce programme coûte que coûte notamment à l’occasion de la campagne pour les élections européennes qui auront lieu le 25 mai. 


Notre score ne nous permet pas de nous maintenir au second tour, seules peuvent se présenter les listes ayant obtenu plus de 10% des suffrages. 


Pour ce deuxième tour, comme l’explique le communiqué national (déjà publié sur le blog), tout en rejetant les partis de droite, ici, à Corbeil, représentant du grand patronat, et du milliardaire Dassault, nous ne pouvons pas non plus appeler à voter pour la liste d’ « union de la gauche », dans la quelle se retrouve, PC, PS, EELV, les deux deniers étant des partis de gouvernement. 

Aujourd’hui le parti socialiste est au pouvoir et gouverne en faveur du grand patronat et des banquiers. Da Silva est député à la place de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur « socialiste ».

dimanche 23 mars 2014

Élections municipales du 23 mars 2014


Le fait marquant de ces municipales est une abstention record pour ce type d’élection. Elle affecte particulièrement l’électorat populaire qui avait l’habitude de voter à gauche.

C’est donc clairement un désaveu du gouvernement socialiste et de sa politique ouvertement pro-patronale et anti-ouvrière.

Les premiers résultats semblent également indiquer une progression significative du Front national. Pour une part, cette progression vient sans doute de l’électorat traditionnel de la droite gouvernementale, dégoûté par les scandales répétés et la guerre des chefs.

Une partie de ces votes vient cependant d’une fraction de l’électorat populaire qui, frappé par la crise et les licenciements, par déception, a cru marquer son désaveu du gouvernement socialiste en votant pour des listes du Front national, c’est-à-dire contre son propre camp.

Ce n’est certainement pas une mobilisation de la gauche électorale, et encore moins des désistements dits républicains entre grands partis déconsidérés, qui pourront s’opposer à la montée électorale du Front national, mais une reprise de confiance des travailleurs en eux-mêmes et en leur capacité à résister aux attaques du grand patronat.

Pour ce qui concerne les résultats de Lutte Ouvrière : nous avons présenté 204 listes dans 182 villes différentes, partout sous le sigle « Lutte Ouvrière faire entendre le camp des travailleurs ». Cette présence est à comparer à celle de 2008 : nous étions sur 188 listes dans 168 villes différentes, dont 118 listes LO.

Un nombre plus important d’électeurs des classes populaires ont pu, en votant pour nos listes, exprimer leur approbation du programme de lutte que LO a avancé pendant sa campagne.

En ce début de soirée, les votes en faveur de nos listes se maintiennent par rapport aux élections municipales de 2008 et sont en progression par rapport aux élections présidentielle et législative de 2012.

Ces votes ont confirmé l’existence dans ce pays d’un courant, certes minoritaire, qui refuse le choix entre les différents partis qui, au-delà de leur rivalité, défendent tous l’ordre capitaliste et qui, par là même, sont dans le camp de la grande bourgeoisie.

Les négociations, les manœuvres, les combinaisons en vue du deuxième tour commencent dès aujourd’hui. LO ne participera à aucune de ces négociations. Tout en rejetant la droite et l’extrême droite, elle ne veut pas cautionner, même indirectement, l’équipe Hollande-Ayrault, qui se prétend socialiste mais qui gouverne en fonction des seuls intérêts du grand patronat et des banquiers.

Au deuxième tour, nos électeurs ne pourront plus exprimer les exigences qu’ils ont exprimées au premier tour en votant pour les listes LO. Il leur appartient de voter selon leur conscience, de voter blanc… ou de ne pas voter du tout.
Ce qui comptera pour l’avenir, c’est que celles et ceux qui, en votant Lutte Ouvrière, ont approuvé les mesures nécessaires pour défendre les conditions d’existence des travailleurs, continuent à les défendre et à les populariser afin que les travailleurs en fassent leurs objectifs de combat lors de leurs affrontements, inévitables, avec le grand patronat et le gouvernement.
Lutte Ouvrière