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mercredi 16 mars 2016

Pour imposer le retrait total de la loi travail, la lutte doit continuer et s'amplifier !

Editorial

14/03/2016
En difficulté pour faire passer leur projet de remise en cause du code du travail, Hollande et Valls ont passé leur week-end à en préparer une nouvelle version, afin de la faire approuver par certains dirigeants syndicaux.
Ainsi les indemnités décidées par les prud'hommes en cas de licenciement abusif ne seraient plus plafonnées comme dans le projet initial, l'article définissant les licenciements économiques serait rédigé autrement, les jeunes en recherche d’emploi pourraient recevoir une allocation. Moyennant ces changements, en grande partie formels, le gouvernement voudrait faire passer tout le reste, c'est-à-dire une remise en cause générale des droits des salariés.
Ce que voudrait imposer cette loi, c'est tout simplement la loi des patrons. Ceux-ci pourraient faire passer la durée quotidienne du travail à 12 heures, ne devraient plus respecter la durée minimum légale de 11 heures entre deux séances de travail, pourraient limiter à 10 % la majoration des heures supplémentaires. Et surtout ils pourraient licencier à leur bon plaisir, par exemple sous prétexte d'une baisse de leur chiffre d'affaires.
Ce projet a été dicté directement au gouvernement par le Medef, qui proteste d'ailleurs dès que l'on parle d'en changer une virgule. Le prétexte est toujours le même : les patrons prétendent que pour qu'ils puissent embaucher, il faut d'abord les autoriser à licencier.
Ce raisonnement absurde nous est répété depuis des années par  les gouvernements successifs, même si les faits ont démontré largement qu'il est faux. Jamais, nulle part, les facilités données aux patrons pour licencier ne les ont incités en quoi que ce soit à embaucher.
La vérité, c'est que le patronat voudrait profiter de la situation actuelle pour se débarrasser des quelques limitations que les luttes des travailleurs lui ont imposées au cours des ans. Les patrons estiment que pour cela la période est propice, car ils ont déjà vérifié que ce gouvernement était prêt à faire leurs quatre volontés, même au prix de se discréditer complètement aux yeux de son propre électorat. Ils lui demandent donc d'aller jusqu'au bout, de satisfaire tous leurs désirs.
Puisque Hollande est déjà discrédité, puisque dans un an il perdra le pouvoir, puisqu'au fond il n'a plus rien à perdre, les patrons estiment qu'il doit se sacrifier encore pour eux, et le gouvernement s'exécute.
Valls et Hollande ne font mine de reculer que parce que les réactions à leur loi les inquiètent. Le 9 mars, les grèves et manifestations ont été un succès et ils craignent qu'elles s'amplifient. Eh bien, cela doit justement encourager les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, qui sont tous menacés par cette loi, à se mobiliser encore plus largement.
Cette loi vise tous les travailleurs, ouvriers comme employés ou même cadres, en contrat à durée indéterminée ou non, intérimaires ou non. Elle fait partie d'une offensive générale, qui vise aussi par exemple les cheminots, en lutte eux aussi contre la démolition des règles en vigueur dans le transport ferroviaire et qui comme les autres ont fait grève le 9 mars.
Cette loi, qui est une négation des droits des travailleurs, ne peut pas devenir acceptable simplement parce qu'on en aura réécrit certains articles. Le gouvernement trouvera peut-être des dirigeants syndicaux pour la signer, mais il n'y a aucune raison que les travailleurs l'acceptent. C'est eux qui devraient le payer dans leurs conditions de travail, dans leur chair et dans leur vie !
Il faut imposer que la loi Hollande-El Khomri soit purement et simplement retirée. Il n'y a aucune raison d'accepter les reculs qu'elle prévoit. Mais il y a plus encore : cette loi vient après d'autres, dans une série d'attaques systématiques qui visent tous les domaines de la vie, des conditions des travailleurs et de leurs droits.
Dans son acharnement à sauver et augmenter ses profits, le patronat est prêt à nous ramener cent ans en arrière et il trouve pour cela l'oreille complaisante d'un gouvernement qui ne veut rien lui refuser. C'est tout le monde du travail qui doit mettre un coup d'arrêt à cette offensive.
De nouvelles journées de manifestations et de grèves sont prévues, les 17 mars, 24 mars et 31 mars. Il faut y participer de plus en plus nombreux pour montrer que la force est du côté des travailleurs, pour imposer le retrait total de la loi Hollande-El Khomri et dire au patronat et au gouvernement « ça suffit ! ».

jeudi 18 février 2016

De retour à Corbeil pour un discours : Valls un homme politique de la bourgeoisie en Campagne


Lundi dernier,  Valls était à Corbeil Essonnes et j’ai reçu une invitation à l’écouter à la Papeterie. 

Cela m’a rappelé qu’il y a quinze jours,  il avait tenu à participer aux vœux de Jean Pierre  Bechter aux côtés de Serge Dassault. La fine équipe était encadrée des représentants du gratin local de politiciens en vue. 

Qui se ressemble s’assemble !

On se souvient qu’il y a quatre ans,  le premier ministre  était maire d’Evry. Il  pourfendait le système mafieux instauré par Serge Dassault et relayé par son homme de paille et politicien professionnel Bechter. En dénonçant la situation de Corbeil-Essonnes, Valls  cherchait à pousser son laborieux poulain Da Silva à la conquête de la ville.  Les pratiques de Dassault étaient si caricaturales qu’à bon frais, il cherchait à apparaître auprès du milieu populaire comme le chevalier justicier.  Que de chemin depuis. A l’époque, d’aucuns le voyait ministre d’ouverture de Sarkozy.

Depuis, Valls est au pouvoir et  l’affaire des achats de voix à Corbeil-Essonnes  a rejoint la longue liste des affaires qui se perdent dans les méandres de la justice bourgeoise.   Valls est  à la tête d’un gouvernement qui met les syndicalistes  et les travailleurs en prison,  et son parquet sait être expéditif envers les travailleurs qui cherchent à défendre leur emploi. 

L’équipe Hollande Valls  dans son ensemble est une machine de guerre pour défendre les intérêts de la bourgeoisie contre les travailleurs. Dans la crise du capitalisme dont elle est seule responsable, la bourgeoisie se bat pour gonfler encore plus ses profits. Dassault n a jamais autant vendu de Rafale que depuis que les gouvernements socialistes ont été mis en place et les coups de menton va-t-en guerre de Valls résonnent auprès des industriels de guerre français comme autant de profits sonnants et trébuchants.   

Alors je ne me retrouve pas dans les postures qui, déjà,  à "gauche", se mettent en place pour préparer les prochaines élections avant d’appeler à  « battre la droite ». Valls enveloppe son discours d'un verbiage « républicain », teinté de « social»,  il ratissage large, très "Troisième République", il n'en défend pas moins les intérêts de la bourgeoisie.

Car ceux qui voudraient nous faire croire qu’il y aurait une « vraie » « gauche de gouvernement », ou une autre, tout aussi « vraie »  « à gauche de la gauche », portent à confusion. Au XIXe siècle, on parlait de partis ouvriers ou de partis bourgeois, les choses étaient claires. Et les politiciens comme Valls qui se présentent comme ayant des solutions dans le cadre du système nous mentent. Ce qu’il faut ce n’est pas de courir après une énième « vraie gauche » qui n’a jamais existé mais de défendre becs et ongles nos intérêts matériels et politiques en tant que travailleurs, défendre nos intérêts de classe. 

Alors oui, il y a bien, des hommes qui défendent la bourgeoisie, et Valls fait partie de ceux-là. Et il y a ceux qui font partie du camp des travailleurs, de la classe ouvrière, et qui défendent la perspective d’une société communiste, et nous sommes de ceux-là.  

lundi 8 février 2016

Fondation Dassault – Corbeil-Essonnes : en grève

Un article du Journal Lutte Ouvrière

03 Février 2016
Une cinquantaine de salariés de la fondation Dassault de Corbeil-Essonnes sont mobilisés dans une grève depuis lundi 1er février.
Pour gagner une implantation dans la ville de Corbeil-Essonnes dont il prévoyait de conquérir la mairie, le milliardaire Serge Dassault y avait basé en 1993 cette fondation portant son nom et destinée à accueillir un public handicapé. Le personnel regroupe 70 professionnels et la fondation profite de financements publics à travers les conseils départemental et régional.

Même si cela ne s’était pas traduit par des arrêts de travail, le personnel fait face, depuis l’arrivée d’une nouvelle direction il y a un an, à des pressions incessantes, qui vont des petites remarques dégradantes aux menaces directes de licenciement. La direction cherche surtout, à travers son management, à imposer une discipline de travail demandant au personnel davantage de flexibilité et de polyvalence. Le discours est à la mode chez les directeurs contaminés par les exigences patronales et se relaie dans des environnements de travail peu habitués à l’affronter collectivement.

Pour faire passer cette nouvelle organisation de travail davantage marquée par la polyvalence, la direction invoque des directives du conseil départemental, plus exigeantes sur le plan financier. Dans ce yoyo entre fondation et département, les salariés sont baladés sans trouver de véritables interlocuteurs.

Alors, c’est le mérite de la grève d’être une réponse collective des salariés, qui jusque-là subissaient individuellement les pressions de l’encadrement. Les grévistes veulent que chacun soit reconnu dans son métier et dans ses droits.

  Correspondant LO

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Un article du Parisien

A Corbeil, des salariés de la fondation Dassault en grève

Sébastien Morelli | | MAJ :



Corbeil-Essonnes, ce lundi matin. Une cinquantaine de salariés, sur 70, dénoncent le management de leur direction.
Corbeil-Essonnes, ce lundi matin. Une cinquantaine de salariés, sur 70, dénoncent le management de leur direction. (LP/S.M.)

Ils étaient mobilisés dès 7 heures du matin. Une cinquantaine de membres du personnel, sur 70, de la fondation Serge Dassault, ont manifesté toute la journée devant les grilles de leur établissement rue Dauphine à Corbeil-Essonnes. Ce foyer de vie accueille 60 adultes en situation de handicap.



Emmenés par la CGT et la CFDT, les grévistes ont voté la poursuite de la grève ce mardi. En attendant, un service minimum est assuré pour les pensionnaires. « Ce mouvement concerne nos conditions de travail, éclaire l’un des manifestants. Depuis un peu plus d’un an, une nouvelle direction est en place et pratique un management anxiogène fait de menaces de licenciements, de pressions… »

La plupart des salariés grévistes disent avoir été reçus par la médecine du travail. « Nous avons eu une vingtaine d’arrêts maladie en moins d’un an, certains prennent des antidépresseurs. C’est du jamais vuchez nous », détaille Christophe, un éducateur de nuit.

« Nous sommes confrontés à une résistance face à des changements dans l’organisation du travail, se défend Pierre Rius, directeur général de l’association des amis de la fondation Serge Dassault. Il n’y a pas de menace sur l’emploi, au contraire. Nous avons transformé des CDD en CDI, mais avec des personnels qui peuvent tourner dans plusieurs équipes. Notre secteur connaît des évolutions profondes qui nécessitent des aménagements dans le fonctionnement des services. »
Le Parisien

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A Corbeil, la grève continue à la fondation Dassault

| MAJ :
 
Un autre article du Parisien
 
Corbeil-Essonnes, lundi 1er février. Les manifestants ont voté la poursuite de la grève. (LP/S.M.)

En grève illimitée depuis lundi, une cinquantaine de membres du personnel, sur 70, de la fondation Dassault à Corbeil-Essonnes, a décidé de poursuivre le mouvement ce mercredi.

Une délégation a bien été reçue par le directeur général ce mardi matin mais les négociations n’ont pas avancé. Les grévistes dénoncent leurs conditions de travail et notamment le management dont ils se disent victimes depuis l’arrivée d’un nouveau directeur il y a un peu plus d’un an.
Cette structure, située rue Dauphine, accueille 60 adultes handicapés.



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 Un article d'Essonne info
Des personnels du foyer de vie pour personnes en situation de handicap de Corbeil-Essonnes, formant partie de la Fondation Serge Dassault, sont en grève depuis le début de la semaine. Des nouvelles modalités d’organisation du travail sont au centre des tensions entre une large partie des salariés et leur direction.
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Les voitures défilent, devant le grand portail blanc de la Fondation Serge Dassault. L’emblématique bâtisse, qui donne sur la rue de la Dauphine, est bien bruyante en ce lundi après-midi. Aux klaxons et signes de la mains des conducteurs répondent les slogans et la sono des grévistes. Ils sont installés depuis la matinée devant l’entrée du foyer de vie. 60 résidents sont accueillis au sein de cet institut spécialisé, plus une vingtaine dans des foyers en ville, dont les activités sont destinées à la prise en charge de personnes souffrant de déficit mental.

Pour les accompagner au quotidien, l’établissement est formé d’environ 70 professionnels, dont une majorité liée au travail social, agents médico-spécialisés, éducateurs, auxiliaires… Ce lundi, plus de la moitié ont débrayé à l’appel de leurs représentants du personnel, et d’une manière générale les salariés des services concernés par les réorganisations. Car c’est là le noeud du conflit opposant le personnel en grève et sa direction. En discussion depuis plus d’un an sur des nouvelles modalités de travail et d’organisation, les deux parties n’ont toujours pas trouvé de terrain d’entente, et la direction entend mettre en oeuvre ses dispositions au 1er avril.

Une décision contestée par les grévistes : « on n’a rien contre des évolutions, on s’est adapté aux lois de 2002, 2008 » décrit Christophe Delacourt, salarié du foyer de vie, « mais là il y a le risque que les résidents deviennent des clients, nous on deviendrait des techniciens. C’est un problème de fond, qui se pose dans tous les foyers de vie, il faut garder une dimension éducative, ce qui fait la spécificité de nos métiers ». Car les réaménagements d’horaires, l’augmentation des remplacements ou encore le management sont fortement décriés par les personnels mobilisés. « C’est anxiogène, les décisions sont arbitraires, les projets sans suivis, et sans concertation » souffle Ferroudja Joly, déléguée du personnel CGT.

Du côté de la direction cependant, on réfute les arguments des salariés grévistes. Pierre Rius, le directeur général de l’Association des amis de la Fondation Serge Dassault, conteste le constat d’exaspération de ses équipes : « on est dans une situation de gestion de changement. Il s’agit d’aménagements assez bénins que l’on a proposé, négociés durant toute une année ». Selon lui, le secteur médico-social tout entier « est en profond changement » et c’est pourquoi « il est nécéssaire que ça bouge » juge le représentant de la Fondation Serge Dassault, qui regroupe, outre Corbeil, un établissement à Mennecy et un récent ouvert dans le quartier de la Papeterie.

Après une rencontre ce mardi matin, la situation semble toujours bloquée. Les grévistes se disent « dans une action qui doit amener la médiation » mais leurs revendications ne semblent pas porter écho. Au niveau de la direction générale, on pari plutôt sur un essoufflement du conflit : « je ne sais pas si le mouvement durera, car ils perdent de leur salaire chaque jour » jauge Pierre Rius. Les résidents doivent de leur côté attendre que les choses se résolvent. « On leur a proposé un service minimum, dans le souci des résidents et familles, mais ils ont refusé » affirme la déléguée du personnel, quant à la direction, elle assure que « la Fondation fait beaucoup pour cet établissement ».










samedi 12 décembre 2015

Grève à l'entrepôt ID Logistics de Lisses

Préparateurs de commandes, contrôleurs, caristes approvisionneurs, tout le personnel de l’entrepôt ID Logistics de Lisses (91) s’est mis en grève dans la nuit de lundi à mardi 8 décembre. Du jamais vu dans l’entreprise, réputée pour ses conditions de travail très dures, et un emploi intensif d’intérimaires (60% de l’effectif de « production »). Le quotidien du travail, c’est des cadences infernales qui contraignent beaucoup, pour obtenir la prime de rendement indispensable à « décoller du SMIC » et faire vivre sa famille, à raccourcir les pauses, à s’abimer le dos et les bras, à travailler dans des conditions dangereuses vu l’intense activité dans les allées de l’entrepôt. Les accidents du travail, parfois graves, y sont fréquents. 

Aussi, l’annonce de la suppression du système actuel  de primes qui nous obligerait sous peine de retomber à 1060€ de paye mensuelle, à augmenter encore beaucoup les cadences a provoqué la révolte unanime des personnels, chacun jugeant ces nouveaux quotas irréalisables.

 La direction n’a pas mis longtemps pour mettre en place tout un scénario pour intimider les grévistes. Provocations de directeur déambulant au milieu des deux cents grévistes, accusations mensongères dictées à l’huissier, assignation en référé de 46 grévistes choisis au hasard…

Tout cela est bien dans la ligne d’un patron qui voulait appliquer son plan sans discussions au 4 janvier au seul motif –évidement invérifiable- que le marché passé auprès de la chaine « Intermarché » pour laquelle nous préparons les livraisons des rayons alimentaires de ces magasins en Ile de France, serait déficitaire de 3 millions d’euros cette année.   

La détermination et le ras-le-bol accumulé sont tels que les provocations de la direction n’ont pas fait renoncer un seul gréviste. 

Les grands entrepôts répartis le long de la Francilienne font vivre à tous les salariés, embauchés ou précaires, des conditions d’horaires et de travail infernales. Ils sont mis sous le chantage permanent  des donneurs d’ordres, les chaines d’hypermarchés, qui mettent régulièrement en concurrence les gros transporteurs, comme ID Logistics, Géodis, Khune et Nagel ou Norbert d’Entressangle. C’est cette organisation qui devra être un jour remise en cause par tous les salariés de ce secteur.

La montée du Front national : expression de la société capitaliste en crise

Un article du journal Lutte Ouvrière du 09 Décembre 2015

Plus que ses résultats en pourcentage, c’est la progression du nombre de votants pour le FN qui est importante. De 2 223 808 aux élections régionales en 2010, le nombre de votants pour le FN était passé à 4 672 932 aux européennes de 2014. Aux régionales du 6 décembre, ce nombre a atteint 6 004 482.
C’est l’augmentation continue depuis plusieurs années du nombre d’électeurs qui pèse sur la vie sociale et politique avant même que l’on sache si le FN parviendra, ou pas, à conquérir l’exécutif d’une ou plusieurs régions.
Cette croissance combine deux évolutions de nature différente. Elle résulte de la recomposition de l’électorat de droite, en gros la petite bourgeoisie, nombreuse dans ce pays, des commerçants, petits patrons, artisans, possédants en tout genre et cadres plus ou moins haut placés dans les entreprises. Des électeurs qui votaient auparavant pour les grands partis de droite, déçus du passage au pouvoir de ces partis, dégoûtés par les guerres de chefs, se sont, dans ces élections, massivement tournés vers le FN.
Il y a depuis longtemps un système de vases communicants entre l’électorat de droite et celui d’extrême droite. Sarkozy se vantait, en 2007, d’avoir réussi à « siphonner » l’électorat d’extrême droite pour se faire élire. Depuis plusieurs élections, c’est le FN qui « siphonne » l’électorat de l’ex-UMP, Les Républicains.
Cela montre qu’il n’y a pas une muraille de Chine entre la droite et la droite extrême, ni pour ce qui est des chefs, ni pour ce qui est de l’électorat. D’autant plus lamentables sont les déclarations des dirigeants du PS qui ont choisi le soir même de leur débâcle du premier tour de se retirer devant les listes de droite en les présentant, toute honte bue, comme des remparts contre le FN…
Cette évolution de l’électorat de droite vers l’extrême droite est un des aspects de l’évolution réactionnaire de la société. Ce n’est pas le plus important.
Plus pesante est pour l’avenir cette autre évolution qui fait qu’une partie de l’électorat ouvrier, après avoir été déçue, trahie par les grands partis réformistes pour lesquels elle avait l’habitude de voter, s’est tournée vers le FN.

L’écœurement de l’électorat ouvrier

Bien sûr, l’écœurement de l’électorat ouvrier à l’égard des partis qui prétendaient le représenter dans le passé s’est manifesté, dans ces élections régionales comme dans les précédentes, bien plus par l’abstention que par le vote FN.
Dans les quartiers ouvriers, le vote pour le FN côtoie une abstention importante. Derrière la stabilité du taux d’abstention global se cachent des différences importantes. De 47,70 % à Neuilly, ce taux est de 71,71 % à Aubervilliers, 72,89 % à Bobigny, 75 % à Vaulx-en-Velin ! Et ces taux ne tiennent pas compte de ceux qui ne sont même plus inscrits sur les listes électorales, sans parler de ceux, nombreux parmi les travailleurs, qui n’ont pas le droit de vote.
Mais la politique, comme la nature, a horreur du vide. En l’absence d’une force capable de porter la perspective politique propre à la classe ouvrière et en l’absence de conscience de classe, le FN apparaît comme porteur d’espoir, en vertu de l’illusion que comme « on ne l’a jamais essayé », il ne peut pas être pire que les autres.
Ceux qui expliquent le succès du FN par des raisons circonstancielles comme les attentats ou la « crise des migrants » se trompent. Ces événements ont joué un rôle de catalyseur. Mais l’accroissement de l’influence électorale du FN est continu depuis longtemps. Faut-il rappeler qu’en 2002, cet électorat avait propulsé Le Pen père au deuxième tour, en éliminant au premier tour Jospin, le Premier ministre socialiste d’alors ? À l’époque déjà, toutes les bonnes âmes de « gauche » justifiaient leur soutien à l’homme de droite Chirac en affirmant que ce vote « républicain » ferait barrage au Front national… On a vu ce qu’il en était dix ans après, à la présidentielle de 2012, où plus de 6 millions d’électeurs s’étaient prononcés pour Marine Le Pen, 1,6 million de plus que pour son père !
En remplaçant au fil du temps le drapeau rouge de la classe ouvrière par le drapeau tricolore souillé de la bourgeoisie, l’Internationale par la Marseillaise, en prônant l’identité des intérêts des travailleurs avec ceux de leur bourgeoisie nationale à la place de l’identité des intérêts des prolétaires de tous les pays, en banalisant parmi les travailleurs quelques-unes des idées les plus crasses de la société bourgeoise, du chauvinisme jusqu’au racisme, les partis réformistes, PC en tête, ont une responsabilité écrasante dans le fait de brouiller les références de la classe ouvrière et de miner sa conscience de classe. Les périodes de gouvernement du PS avec la participation du PC, sous Mitterrand puis derrière Jospin, ont fait le reste. Cette servilité à l’égard du grand patronat, c’était donc cela, la politique socialiste, adoubée par un parti qui se disait communiste ?
Le FN n’a pas seulement tiré profit de l’écœurement provoqué dans la classe ouvrière par la politique de la gauche au pouvoir, il n’a eu qu’à reprendre à son compte et pousser à l’extrême quelques-unes des idées réactionnaires réintroduites dans la classe ouvrière par les partis réformistes, PC en tête.
Et la crise de l’économie capitaliste, l’explosion du chômage, le désespoir des masses populaires, ont offert le terreau sur lequel la collection de préjugés du Front national, le néant de ses idées, ont pu se transformer en espoir de changement aux yeux d’une fraction des classes populaires.

L’expression d’une crise profonde

La croissance de l’influence du FN parmi les travailleurs, conséquence du recul de la conscience de classe, en est devenue un facteur aggravant. Sa montée électorale aux régionales est incontestablement une des manifestations de la désorientation de l’électorat populaire et de la perte de repères de la classe ouvrière.
Mais, bien au-delà, elle exprime la crise profonde de la société capitaliste. Une crise économique, sociale et politique qui se reflète dans le chômage de masse, dans le parasitisme sans précédent de la finance, dans la décomposition avancée de la société, dans les politiques guerrières, dans le terrorisme. Aussi variées que soient ces expressions, elles ont toutes les mêmes racines et elles s’alimentent mutuellement.
Le parlementarisme bourgeois, avec ses partis qui se relaient au pouvoir pour défendre par des moyens dits civilisés la domination de la bourgeoisie, ne fonctionne – et, encore, seulement dans quelques dizaines de pays impérialistes riches – que dans des périodes où l’économie, basée sur l’exploitation, roule tant bien que mal.
Ce n’est plus le cas. La crise de confiance de l’électorat dans les partis traditionnels et, partant, dans le système de l’alternance parlementaire lui-même se généralise en Europe. La montée du FN ne consacre pas seulement l’enterrement du bipartisme au profit du tripartisme. Ce n’est, en fait, qu’une ultime tentative de remplacer l’alternance gauche-droite par une alternance FN-partis traditionnels.
Mais cette nouvelle illusion dont la société bourgeoise voudrait gaver l’électorat populaire ne pourra pas durer. Le FN ne peut évidemment guérir aucun des maux de l’ordre capitaliste qu’il sert, comme les autres partis. Il ne peut que les aggraver. Sa percée électorale est le dernier avatar du parlementarisme bourgeois. Il est le signe que celui-ci, basé sur le mensonge en haut et la crédulité en bas, est moribond.

Un système capitaliste sans avenir

En guise de vie politique, le système capitaliste n’a rien d’autre à proposer dans un pays comme la France, qui fait partie des puissances impérialistes les plus riches de la planète avec son passé et sa civilisation, qu’une formation politique qui trouve toutes ses idées dans les poubelles de l’histoire : racisme, misogynie, repliement dans un communautarisme identitaire, haine des autres, étouffement des libertés démocratiques.
Prétendre opposer à cette crise de dérisoires combinaisons politiques, des lamentations ou des coups de menton de la part de chefs de partis qui ont perdu tout crédit mais qui prétendent quand même incarner la résistance au Front national, est stupide. Tous ces gens-là, en tout cas l’armada de leurs seconds couteaux, se coucheront devant le FN s’il continue à progresser et finit par s’approcher du pouvoir. Ils le font déjà dans le domaine des idées et dans leur langage.
Alors, il faut rejeter leur jeu, pas seulement à cause de leurs responsabilités dans la situation présente, mais surtout en raison de leur incapacité d’offrir une perspective pour l’avenir. Cette perspective ne peut pas être offerte dans le cadre d’un système capitaliste profondément en crise. Elle ne peut être offerte que par la classe ouvrière, la seule à avoir un intérêt fondamental et la force de combattre efficacement le système capitaliste dans son ensemble et la seule, surtout, à pouvoir le renverser.
La durée même de la crise, en plongeant des millions d’exploités dans la pauvreté et le désespoir, a porté sur le devant de la scène politique ce que la société bourgeoise a de plus réactionnaire, de plus abject.
Mais, en bouleversant les règles du jeu politique et les certitudes, elle pose la question de l’avenir de la société plus clairement qu’à l’époque du ronronnement paisible du parlementarisme bourgeois. Rappelons cependant que ce doux ronronnement dans les pays impérialistes n’a jamais cessé d’avoir pour fondement l’exploitation ici même et le pillage des trois quarts de la planète préservé par des dictatures et, au besoin, par des interventions armées.
La société n’a pas d’avenir sur les bases capitalistes. L’avenir de la société est entre les mains de la classe ouvrière et entièrement suspendu à la rapidité avec laquelle elle retrouvera sa conscience de classe.
Georges KALDY

mercredi 9 décembre 2015

Les résultats de Lutte ouvrière aux élections régionales

Communiqué

07/12/2015 
Nous présentons ci-joint les résultats de Lutte ouvrière par région et par département. Rappelons que Lutte ouvrière se présentait dans toutes les régions métropolitaines à l’exception de la Corse, ainsi qu’à l’île de La Réunion.
Lutte ouvrière totalise donc 320 054 voix (1,5 %) dans les 13 régions où nous nous présentions. C’est en progrès par rapport aux élections régionales de mars 2010 (206 229 voix, soit 1,09 %) et aux élections européennes de mai 2014 (213 633 voix, soit 1,14 %), dont nous présentons ci-dessous les résultats, pour comparaison. Nos camarades de Combat ouvrier obtiennent 1992 voix (1,42%) en Guadeloupe et 2460 voix (2,04 %) à la Martinique.

Ces résultats sont certes modestes. Mais, dans un contexte de poussée à droite, ils ne sont pas sans importance. Ceux qui ont voté pour les listes de Lutte ouvrière ont clairement voulu faire entendre le camp des travailleurs. Ils se sont opposés à la politique pro-patronale du gouvernement PS, tout en rejetant la droite et l’extrême droite. Ils se sont prononcés pour que la classe ouvrière se dote d’un parti qui représente réellement ses intérêts. Ces voix compteront pour l’avenir.

Après le premier tour des élections régionales du 6 décembre 2015

Communiqué
06/12/2015
Les résultats de ce premier tour des élections régionales reflètent l’évolution réactionnaire de la société en même temps que la désorientation de l’électorat populaire et la perte de repères de la classe ouvrière.
L’expression la plus frappante de cette évolution est la progression en voix du Front national dans la quasi-totalité des régions, ce qui a permis au parti d’extrême droite d’arriver en tête dans six d’entre elles.
L’expression électorale du recul ne se limite cependant pas à cela. La campagne électorale de la droite a été entièrement dominée par sa compétition avec l’extrême droite sur le terrain de cette dernière.
Quant au Parti socialiste, non seulement il a repris à son compte le langage sécuritaire du FN, mais étant au pouvoir, il en a réalisé l’application en instaurant l’état d’urgence, d’une efficacité limitée pour combattre l’horreur terroriste mais qui étouffe la contestation de la politique gouvernementale sur sa gauche et pèse sur les mouvements sociaux.
Le FN encaisse les dividendes électoraux de la banqueroute du PS au pouvoir. Il est significatif qu’il réalise un de ses meilleurs scores dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, région à forte tradition ouvrière. Une partie de l’électorat traditionnel du PS et du PC, écœurée par la politique du gouvernement, ses reniements et sa servilité vis-à-vis du grand patronat, s’est abstenue. D’autres électeurs se sont ajoutés à l’électorat traditionnel de l’extrême droite, faisant du FN le parti le plus influent de la région. C’est une partie de son propre électorat que la gauche réformiste a poussée dans les bras du FN.
C’est l’aboutissement de décennies d’évolution politique où les partis qui prétendaient représenter le monde du travail ont renié, au fil du temps, toutes les valeurs du mouvement ouvrier et foulé au pied les intérêts des travailleurs dès qu’ils étaient au gouvernement.
Ces partis ne s’en relèveront peut-être pas, mais la classe ouvrière, elle, se relèvera.
Le FN est un parti aussi dévoué aux intérêts de la grande bourgeoisie, qui domine la société capitaliste, que les partis de droite et le PS, mais avec un langage plus réactionnaire encore et, si les circonstances s’y prêtent, avec des méthodes plus ouvertement anti-ouvrières.
La classe ouvrière n’a cependant rien perdu de la force que lui donnent son nombre et sa place incontournable dans l’économie. La tâche la plus importante de notre époque pour ceux qui se revendiquent du camp des travailleurs, pour les militants ouvriers, est d’œuvrer pour que la classe ouvrière retrouve confiance en sa force et pour qu’elle retrouve la conscience du rôle qu’elle est la seule à pouvoir jouer contre toutes les formes de barbarie en combattant leur fondement commun : l’exploitation.
Les travailleurs n’ont jamais eu à espérer un changement de leur sort par les élections. Ils n’ont pas non plus à s’en désespérer. Le rapport de force entre la bourgeoisie exploiteuse et les masses exploitées ne se détermine pas dans les urnes, mais dans les affrontements de classe. Nous faisons pleinement confiance à la classe ouvrière et à sa capacité à retrouver la conscience de ses intérêts politiques et de sa force.
Dans les régions où le FN risque de conquérir l’exécutif régional, ce sont les coalitions de droite qui viennent en deuxième position.
Tout en rejetant le Front national, il n’est pas question pour Lutte ouvrière de défendre auprès de son électorat l’idée que des hommes de droite, avec des idées aussi crasseuses, puissent servir de rempart contre le parti d’extrême droite. Quant à voter pour une liste socialiste, cela ne servirait à rien et ce serait remercier le PS d’avoir fabriqué le succès de l’extrême droite.
Gauche gouvernementale, droite ou extrême droite, elles sont toutes prêtes à s’en prendre aux immigrés, aux associations, aux libertés publiques. Celles qui ont une parcelle de pouvoir le font déjà. Ce n’est pas aux travailleurs conscients de choisir laquelle des cliques bourgeoises prendra les mesures contre les classes populaires.
Il ne reste aux électeurs du monde ouvrier qui refusent au deuxième tour de choisir entre la peste et le choléra, non par désintérêt pour la politique mais par conscience, qu’à glisser dans l’urne un bulletin affirmant son appartenance au « camp des travailleurs ».
Les élections régionales passées, les travailleurs auront à se défendre contre le grand patronat et l’État par le seul moyen efficace : la lutte collective.
Quant à Lutte ouvrière, elle continuera à œuvrer pour que le camp des travailleurs se donne un parti qui représente réellement ses intérêts matériels et politiques.
Même s’ils ne constituent qu’une petite fraction de l’électorat populaire, ceux qui ont voté pour les listes Lutte ouvrière peuvent être fiers de représenter l’avenir, la renaissance du mouvement ouvrier capable de combattre la société d’exploitation et d’y mettre fin.

mercredi 14 octobre 2015

Salariés d’Air France en garde à vue : la police et la justice au service de la hargne patronale


Communiqué

Après la hargne patronale, les aboiements serviles du gouvernement et de tous les leaders politiques de la gauche à l’extrême droite et le déchaînement médiatique, voilà la police et la justice qui se mêlent de l’affaire de la chemise déchirée, évidemment du côté patronal. Cinq travailleurs sont mis en garde à vue, des salariés de la division Cargo d’Air France qui travaillent au fret. C’est un des services auquel la direction de la compagnie a imposé le plus de sacrifices. Et ces travailleurs se sentent directement menacés par les réductions d’effectifs annoncés.

Après avoir essayé d’endormir les salariés d’Air France, de les diviser et de les démoraliser, la direction veut maintenant les mater. Tant que les travailleurs subissent l’exploitation et les licenciements sans renâcler, tant que le patronat porte les coups contre les travailleurs, les Sarkozy et les Hollande, la police et la justice ne trouvent rien à redire. Mais que les salariés essayent de rendre ces coups, qu’ils demandent des comptes au patronat et laissent éclater leur colère, et tout ce beau monde se ligue avec le patronat contre les travailleurs.

Les mêmes qui nous expliquent à longueur de journée que la lutte de classe n’existe plus, que les intérêts des travailleurs et du patronat concordent, prennent fait et cause pour le patronat contre les salariés, pour les licencieurs contre les licenciés, pour les exploiteurs contre les exploités. Alors, il faut arrêter toutes les poursuites à l’encontre de ces travailleurs qui n’ont fait que défendre leur seule richesse dans cette société, leur emploi. Et non aux suppressions d’emplois à Air France !
Nathalie Arthaud

 

À Air France et ailleurs, la lutte de classe existe bien

Editorial des bulletins d'entreprise
 
lundi 12 octobre 2015

« Scandaleux », « la chienlit » (Sarkozy), « des voyous » (Valls) : la hargne anti-ouvrière s’est déchaînée toute la semaine contre les salariés d’Air France à grand renfort d’images sorties de leur contexte et déformées par les médias parlant de « lynchage », là où deux cadres n’y ont laissé que leur chemise.

Ce lundi, on annonce l’arrestation à l’aube de cinq salariés comme s’il s’agissait de dangereux criminels. Après les politiques et les médias, la police et la justice vont donc s’acharner contre eux. C’est la lutte de classe dans toute sa brutalité.
Tant que les travailleurs subissent l’exploitation et les licenciements sans renâcler ; tant que le patronat porte les coups contre les travailleurs, les Sarkozy et les Hollande, la police et la justice ne trouvent rien à redire.

Mais que les salariés essayent de rendre ces coups, qu’ils laissent éclater leur colère contre les dirigeants et leurs larbins, et tout ce beau monde se ligue avec le patronat contre les travailleurs !

À longueur de journée, ces messieurs nous expliquent que la lutte de classe n’existe plus et que les intérêts des travailleurs et du patronat concordent parfaitement, mais, eux, ils la mènent en prenant fait et cause pour le patronat contre les salariés, en défendant les licencieurs contre les licenciés, les exploiteurs contre les exploités.

Sans perdre une minute, Hollande a condamné les salariés d’Air France. Tout juste rentré du Japon, Valls a organisé un conseil de guerre avec les dirigeants de l’entreprise, s’engageant à punir lourdement les « voyous » et cautionnant par avance les 2900 licenciements programmés.

Après avoir déversé sa bile contre le monde ouvrier, la droite a ordonné aux dirigeants syndicaux de se désolidariser des salariés et de les condamner sans appel. Et si elle a critiqué la direction d’Air France, c’est pour ne pas avoir licencié plus et plus tôt !

Quant au Front national, il s’est bien entendu joint à ce chœur anti-ouvrier avec Marion Maréchal Le Pen qui a dénoncé un « lynchage » et demandé l’intervention de la police.

Le FN prétend « défendre » les travailleurs, mais quand ceux-ci essayent de se défendre eux-mêmes, il hurle avec les loups. En condamnant les salariés d’Air France, le FN montre de façon éclatante son vrai visage, celui d’un parti profondément dévoué à l’ordre bourgeois et hostile aux luttes ouvrières. Il fait de la démagogie vis-à-vis des ouvriers et des plus pauvres, mais il les aime quand ils obéissent au patronat sans broncher. Dans l’opposition, le FN prend déjà fait et cause pour le patronat, cela en dit long sur la politique pro-patronale qu’il mènerait au pouvoir.

Tous ceux qui se placent dans le camp des travailleurs ne peuvent qu’être solidaires de la réaction des salariés d’Air France face à l’annonce des 2900 licenciements. Que croyaient les dirigeants d’Air France ? Qu’après avoir accepté depuis des années le gel de leur salaire, les milliers de suppressions d’emplois, l’aggravation de leurs conditions de travail, ils allaient sagement se laisser mettre dehors sans rien dire ? Eh bien non, les dirigeants d’Air France ont eu le retour de bâton et ils ne l’ont pas volé !

Air France a renoué avec les bénéfices ; le taux de remplissage de ses avions est excellent ; le marché aérien est en développement. Cela n’empêche pas la direction de s’en prendre aux salariés, de diviser et de monter des catégories les unes contre les autres et de faire un chantage à la faillite. Les mêmes manœuvres, les mêmes mensonges et les mêmes attaques patronales sévissent dans toutes les grandes entreprises du pays, et c’est cela qu’il faut combattre.
Et il s’agit bien là de violence. Car la vraie violence, c’est celle de la précarité et des salaires qui ne permettent pas de vivre, c’est celle qui condamne aujourd’hui six millions de femmes et d’hommes privés d’emploi, c’est celle de l’exploitation. Oh, les dirigeants qui décident de baisser les salaires, de licencier ou d’aggraver la charge de travail n’ont pas besoin d’élever la voix, ils ont le pouvoir. Mais leurs décisions sont autant de coups contre les travailleurs.

La domination patronale et sa violence épuisent les travailleurs et les chômeurs d’ici et tuent des millions de femmes et d’hommes au travers de la famine et des guerres. Il faut les combattre.

Et cela passe par un rapport de force, une colère collective organisée. Face à des travailleurs divisés et inorganisés, les patrons sont tout-puissants ; mais si la classe ouvrière s’organise, si elle se sert réellement de sa force collective, ce ne sont pas seulement deux chemises de hauts cadres, mais la dictature de la bourgeoisie qui sera menacée.
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