lundi 4 novembre 2013

À venir dans les médias

jeudi 7 novembre
Attention : les horaires des émissions peuvent être modifiés indépendamment de notre volonté
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Le prochain 
 Cercle Léon Trotsky
Il aura pour sujet :
Les mouvements populaires du printemps arabe et ses répercussions
vendredi 22 novembre 2013 - 20h30Théâtre de la Mutualité
24, rue Saint-Victor Paris 5e
Métro : Maubert-Mutualité - ligne 10Participation aux frais : 3 euros

dimanche 3 novembre 2013

Lutte ouvrière est solidaire de tous les travailleurs qui manifestent leur colère, que ce soit à Quimper ou à Carhaix.


Pour montrer que leurs actions visent à la fois le grand patronat, responsable des licenciements et le gouvernement qui mène une politique anti-ouvrière, les travailleurs ont intérêt non seulement à multiplier les manifestations pour exprimer leur colère mais aussi à mettre en avant leurs exigences propres.
Contre le chômage : interdiction des licenciements et répartition du travail entre tous sans diminution de salaire !
Contre la baisse du pouvoir d’achat : augmentation des salaires !
 
Nathalie Arthaud

Non à l’écotaxe qui frappe à peine les gros, 
mais surtout les petits
 
Faire payer sur leurs profits 
les grandes entreprises du transport, 
de l’agro-alimentaire et de la distribution

   Pour ne pas imposer, au niveau où ils devraient l’être, les profits des entreprises capitalistes ainsi que la fortune et les revenus de leurs propriétaires et actionnaires, le gouvernement Sarkozy avait inventé une écotaxe. Le gouvernement Hollande l’a reprise à son compte et s’apprêtait à l’exécuter, avant que les manifestations le fassent reculer.

    C’est une taxe injuste car si elle concernait aussi les grandes entreprises de transport qui ont les moyens de la répercuter sur les consommateurs, elle frappe surtout les artisans, ceux du transport comme bien d’autres qui vivent de leur travail et qui utilisent leurs camions pour gagner leur vie et pas pour faire du profit.

    Lutte ouvrière considère que les travailleurs salariés ont tout intérêt à être solidaires des autres catégories sociales qui vivent de leur travail sans exploiter personne. Elle dénonce surtout toute prétention des entreprises capitalistes du transport, des patrons licencieurs de l’agro-alimentaire, et des grandes chaînes de distribution à prendre la tête des manifestations de colère au nom d’un quelconque prétendu intérêt commun. 
  
   Ces capitalistes sont les ennemis directs des salariés qu’ils exploitent avant de les licencier, mais ils le sont aussi de tous ceux, artisans, petits paysans, pêcheurs, qui vivent de leur travail, qui sont étranglés par les banques et écrasés par les capitalistes de l’agro-alimentaire comme par ceux de la grande distribution.

    Lutte ouvrière considère que, dans le climat de colère provoqué par les fermetures d’usines et la politique du gouvernement, les travailleurs doivent mettre en avant leurs propres exigences : interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous sans diminution des salaires.

   Quant aux impôts et aux taxes, la seule politique fiscale juste consiste dans la suppression des impôts indirects sauf sur les produits de luxe, et dans le paiement de l’impôt sur le revenu sur les seuls revenus du capital.
 
Nathalie Arthaud

vendredi 18 octobre 2013

Dassault peut aller se rhabiller ! Il ne fera pas taire Mediapart !

Le patron milliardaire qui s'est "acheté " une mairie, "acheté" des voix,  "acheté" un journal,   pensait en attaquant Mediapart en justice faire qu'une bouchée du journal en ligne et interdire de publication les enregistrements clandestins qui le mettent en cause, l'accusant comme ayant acheter des voix pour se faire élire, et faire élire ses successeurs.

jeudi 17 octobre 2013

Vive la révolte des lycéens contre les expulsions !

Dans une vingtaine d’établissements parisiens et dans quelques villes de province, des lycéens se sont mobilisés pour dénoncer les expulsions de lycéens, dont celles de Leonarda et de Khatchik, survenues il y a peu.  Ce qui semblait normal à un ministre de l’Intérieur socialiste et à bien des responsables socialistes a révolté les lycéens. Les mêmes droits pour tous, le droit à l’éducation pour tous, avec ou sans papiers, leur semblent une évidence.

Aujourd'hui, Manuel Valls chasse sur le terrain de l'extrême-droite xénophobe. 

Quand il était maire d'Evry, il s'était déjà illustré dans ses attaques contre les camps de Roms. Des agissements que nous avions condamnés en leur temps. 

Les lycéens ont raison de protester contre les expulsions de jeunes étrangers scolarisés par un ministre de l'intérieur "socialiste" digne successeur de Guéant, ministre de l'Intérieur sarkozyste. Ils ont raison de se battre contre ces expulsions révoltantes.



Je suis solidaire et soutiens la lutte des lycéens parisiens contre les expulsions comme je suis d'ores et déjà solidaire des lycéens de l'Essonne qui décideront de se joindre au mouvement de protestation dès demain vendredi 18 octobre.


Jean Camonin, conseiller municipal de Lutte Ouvrière à Corbeil-Essonnes






La sordide chasse aux sans-papiers et aux Roms menée par le gouvernement PS
L’arrestation de Léonarda, une collégienne rom kosovar, pendant une sortie scolaire, suivie de son expulsion avec sa mère et ses cinq frères et sœurs, est profondément scandaleuse. Cette élève de 15 ans vivait en France depuis quatre ans et dix mois, avec ses frères et sœurs et ses parents. Léonarda, dont la famille demandait l’asile en France, ne demandait qu’à mener ici une vie ordinaire, à l’inverse des propos xénophobes du ministre de l’Intérieur sur les Roms qui n’auraient pas « vocation à s’intégrer ».

Je m’associe à la protestation des personnels du collège de Léonarda et du Réseau éducation sans frontières. Cette rafle et ces expulsions sordides rappellent qu’en matière de chasse aux sans-papiers, Valls vaut Hortefeux et Guéant, et que Hollande vaut Sarkozy. Tous courent après le Front national ; mais au lieu de le combattre, ils lui font la courte échelle.

Il y a quelques jours, les dirigeants européens, français compris, versaient des larmes de crocodile sur les centaines de migrants naufragés de Lampedusa et de Malte. La réalité est qu’ils transforment l’Europe en une forteresse que les migrants fuyant la misère, la faim, la dictature voire la guerre, ne peuvent tenter de gagner qu’au péril de leur vie. C’est une politique inhumaine et criminelle.

Nathalie Arthaud, porte-parole nationale de Lutte Ouvrière

Des vidéos des manifestations lycéennes sur le site du journal Le Monde

Suivre le link ci-dessous

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/17/manifestations-devant-des-lycees-de-paris-apres-l-expulsion-de-leonarda_3497030_3224.html

ARTICLE DU JOURNAL LE MONDE

Des lycéens manifestent à Paris contre les expulsions d'enfants scolarisés

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le | Par
Pour protester contre les expulsions de Leonarda, collégienne kosovare remise à la police le 9 octobre lors d'une sortie scolaire, et de Khatchik Kachatryan, un élève arménien parisien de 19 ans, des milliers de lycéens se sont mobilisés à Paris, jeudi 17 octobre, à la veille des vacances scolaires. Selon le rectorat et des syndicats, au moins quatorze lycées ont été perturbés et quatre autres – Maurice-Ravel, Hélène-Boucher, Charlemagne et Sophie-Germain – ont été totalement bloqués dans la matinée.

Réunis  à l'appel notamment du syndicat lycéen FIDL, du Réseau éducation sans frontières (RESF) et de la CGT Educ'action, des centaines de jeunes s'étaient rassemblés dans la matinée devant le rectorat de Paris, avant de converger vers la place de la Nation, rejoints par des enseignants. Le défilé, qui rassemblait 7 000 personnes selon la FIDL et  2 500 selon la préfecture de police de Paris, a ensuite pris la direction de Saint-Augustin (8e arrondissement).

mercredi 2 octobre 2013

MEETING A LA MUTUALITE


Vendredi 11 octobre 2013, à 20 h 30 avec  Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier


Paris 5e, Métro Maubert-Mutualité,

Travail du soir et du dimanche : patronat à la manœuvre et gouvernement comparse



Les médias ont généreusement donné la parole aux « bricoleurs du dimanche » ou à quelques clients mais, derrière cette campagne, il y a les grands patrons de la distribution ou du luxe, comme LVMH dans le cas de Sephora.

Ces patrons expliquent, ou font expliquer, qu’ils ont des volontaires pour travailler le dimanche ou en soirée. Que des salariés trouvent leur compte dans des heures majorées est une réalité, comme pour les heures supplémentaires. Mais c’est parce que les salaires de ce secteur sont ridiculement bas, en général proches du smic.

Aucun salarié ne préfère être au travail à minuit ou le dimanche, plutôt qu’en famille à se reposer.

Prétendre que le travail du dimanche favorise la croissance est aussi ridicule que mensonger : ce n’est pas parce qu’un magasin est fermé un jour par semaine qu’un bricoleur renoncera à la perceuse ou à la ponceuse dont il a besoin.

Répondant à la demande du patronat, le gouvernement prépare, de façon à peine voilée, un nouveau recul sur cette question. Comment comprendre autrement que les magasins Castorama et Leroy-Merlin aient pu ouvrir hier et s’en vanter, en infraction avec la loi et avec un jugement récent ? Peu de petits délinquants pourraient bénéficier d’une pareille mansuétude, et la complaisance des autorités est grossière dans cette sinistre comédie.

La réunion ministérielle qui s’est tenue ce matin n’a rien décidé mais a confié une « mission » à Jean-Paul Bailly, ex-PDG de la RATP et de la Poste et connu pour ses déclarations anti-ouvrières. C’est-à-dire que le gouvernement se prépare à aider les capitalistes de la distribution à dégrader encore les conditions de travail des salariés des grandes surfaces. Car, comme à chaque fois que le patronat monte au créneau, le gouvernement exauce ses désirs.

Communiqué de Nathalie Arthaud




dimanche 29 septembre 2013

Toujours et à propos du système Dassault, une émission de France Inter

A écouter sur France Inter en poadcast.   

Ce matin, dimanche 29 septembre, l'Enquête de la rédaction de France Inter, par Frédéric Barreyre et Jacques Monin, est consacré au système mafieux de corruption généralisé mis en place par Serge Dassault, à Corbeil-Essonnes. Rien de nouveau, c'est ce que tout le monde savait déjà à Corbeil. Mais que France Inter, radio nationale, mène  l'enquête et s'intéresse au sujet, cela permet au grand public de savoir comment un patron milliardaire a pu gangrener avec son fric une ville ouvrière de banlieue. De nombreux témoignages intéressants. C'est édifiant !  

Voici le lien pour écouter l'émission. 


sinon ci-dessous, le texte de l'émission de France Inter.
 
En 2009, le conseil d'Etat annule les élections municipales de Corbeil-Essonnes. Des dons d'argent de la part du maire, Serge Dassault, ont pu selon les juges "affecter la libre détermination des électeurs". Il a fallu attendre mars 2013 pour qu'une information judiciaire soit ouverte, à Paris, pour achat de votes. La justice enquête par ailleurs sur deux tentatives d'assassinats, en janvier et février dernier, sur fond de rivalités pour la manne de l'ancien maire.

Direction les Tarterêts, l'un des quartiers pauvres de Corbeil. Il a beaucoup changé avec la rénovation urbaine, six tours démolies, mais pour Jacques Roignant, militant associatif, c'est très insuffisant :

 " Vous voyez là, le parc Aimé Césaire... moi je me suis bagarré pendant deux ans pour avoir ce parc, c'est une belle chose, malheureusement il n'y a rien, pas de jeux pour les enfants [..]. Monsieur Dassault, puisqu'il a de l'argent, qu'il s'occuppe du quartier! Au lieu de donner de l'argent comme ça, à droite, à gauche. Il a donné de l'argent à des gens, tout le monde les connait, ils ont acheté des magasins, et ces gens sont devenus riches d'un seul coup, ils ont perdu la tête je suppose."


Elu en 1995 dans cet ancien bastion communiste, l'avionneur a financé la construction de la mosquée comme la rénovation de l'église. On l'a vu payer des caddies au supermarché (un témoignage produit devant le conseil d'Etat), ou, comme en témoigne Martine Soavi, enseignante et ancienne militante socialiste, sortir son carnet de chèques pendant une fête de quartier :


" Les jeunes disaient "ils nous faut des ordinateurs". Il a sorti son carnet de chèques. On peut acheter aussi des associations... J'ai déjà entendu Monsieur Dassault dire : "bon allez, c'est des jeunes!"


La ville finance des permis de conduire ou des vacances pour les jeunes. Joël Roret, adjoint de Serge Dassault jusqu'à sa démission en 2006, un temps chargé de la jeunesse, raconte que certains allaient frapper directement chez le maire :

" Il y avait des jeunes à qui j'avais refusé des projets, et que je croisais après dans la rue, ils me disaient "toi, tu sers à rien, on est allé voir le Vieux, on a eu ce qu'on voulait"."


En 2004 des jeunes du quartier de Montconseil mettent le feu au gymnase. Que fait la mairie ? Elle propose à des jeunes de nettoyer le gymnase moyennant finance c'est ce que Joêl Roret découvre ensuite :

 " On m'a demandé d'aller donner des enveloppes à des jeunes qui avaient participé, y compris certains qui étaient interdits de séjour sur Corbeil. C'était le cabinet du maire, de mémoire c'était 500 euros. Je vous parle d'une époque où cela a commencé petitement. Je ne jette pas la pierre à Serge Dassault, il ne vit pas dans le même monde que nous. Si vous parlez de dix euros, lui il pense à 10 000 euros. Le fait qu'il ait imposé, malgré lui, ce mode de fonctionnement dans les quartiers, fait que les plus malins ont pu en profiter."

En 2007, Serge Dassault reconnait avoir donné 500 000 euros à un conseiller municipal issu des Tarterêts, pour financer une action humanitaire au Mali.

Dans un communiqué du 16 septembre, les avocats de l'industriel écrivent qu'il a "toujours eu à coeur d'utiliser la fortune pour porter aide ou secours (...) à des familles ou à des jeunes en difficulté ou désireux de lancer des projets professionnels", mais, soulignent-ils, "toujours en dehors de toute démarche électorale".

Pourtant dans les quartiers, les témoignages se multiplient: certains habitants, militants associatifs ou petits caïds, serviraient d'intermédiaires pour pousser leurs proches à voter pour la majorité municipale.

En 2001, Serge Dassault est réélu maire dès le premier tour. En 2002, il est battu aux législatives, par le socialiste Manuel Valls. Six mois plus tard, l'adjoint Joël Roret voit débouler dans son bureau un traficant notoire :

" Des lascars sont venus me réclamer ce que Monsieur Dassault leur avait promis, je suppose que c'était de l'argent. Donc j'ai vu un lascar de Montconseil avec deux de ses collègues, j'ai appelé la police croyez moi j'avais peur."


Après l'annulation des municipales de 2008, puis 2009, Jean-Pierre Bechter, dauphin de Serge Dassault est élu en 2010. Quelques semaines plus tard, un groupe de jeunes vient perturber le conseil municipal se souvient Nathalie Boulay-Laurent, ancienne adjointe de la majorité, qui a ensuite porté plainte pour fraude électorale :

" Un groupe d'individus est intervenu, les jeunes interpellant directement Jean-Pierre Bechter, en lui disant qu'il avait promis des emplois. Il y a eu un certain nombre d'incidents à cette époque, comme l'agression de deux policiers aux Tarterêts: l'un des agresseurs présumé travaillait pour la mairie."


La suite est racontée par des employés municipaux, qui refusent de s'exprimer au micro. Ils ont vu arriver dans les services plus de 70 jeunes en contrats aidés. Avec certains cela s'est très mal passé: absentéisme, soupçons de vol, et surtout, intimidation des agents. Un salarié de la mairie se suicide en juillet 2010 après avoir été menacé. Les contrats ne seront pas reconduits. Le climat au sein de la mairie s'apaise.

L'enquête est relancée en 2010 par un signalement de Tracfin, la cellule anti-blanchiment, sur des flux financiers suspects. Le Canard Enchaîné révèle en décembre 2012 qu'une somme de 1,7 millions d'euros serait passé par le Liban.

Nous avons rencontré Mamadou, 32 ans, un ancien des Tarterêts. En octobre 2010, il avait déjà témoigné dans Libération avoir touché 100 000 euros pour rabattre des électeurs vers les urnes, en 2009. Il nous affirme aujourd'hui qu'il a reçu davantage, en 2011, pour les élections de 2010. Le mode opératoire a changé. En 2010, Mamadou aurait reçu un virement en Belgique, et du liquide. En juillet 2011, il affirme s'être rendu au Liban, sur les indications de Dassault. A Beyrouth, un intermédiaire lui aurait remis quatre chèques de banque, de la Société générale au Liban, qu'il a déposé sur place dans une autre banque peu regardante. Mamadou a gardé des documents bancaires, qui ne permettent pas de remonter jusqu'à Serge Dassault, mais qui pourraient offrir une piste aux enquêteurs.

Mamadou a été entendu cet été suite à une plainte de deux enfants de Serge Dassault, notamment pour extorsion de fonds (Il reconnait avoir laissé des messages téléphoniques pour réclamer de l'argent). Pourquoi aurait-il été payé? Pour son "travail" de "militant", ce sont ses mots :  

" Il y a plusieurs groupes aux Tarterêts. Dans mon équipe on était huit. Le soir de l'élection, on se pointe devant l'école, et si on voit quelqu'un qu'on connait on lui dit: tu vas voter ? Vote pour Dassault. Après, nous, on n'est pas dans l'isoloir, est-ce qu'il a voté Dassault, c'est son secret à lui. On a fait un travail efficace. C'est des places très dures à avoir, j'ai eu de la chance. "


Il reconnait qu'il a un pass judiciaire mais là dit-il, "vous gagnez de l'argent sans faire de mal à personne".

Pourtant le sang a coulé au début de l'année à Corbeil. Deux blessés par balle: en janvier, Rachid Toumi, qui témoigne ensuite dans le Parisien : "l'argent de Dassault a tout pourri. (...) on est en train de s'entretuer". Le climat n'a jamais été aussi tendu estime Bruno Pirioux, opposant communiste :

" Il y a un avant et un après les coups de feu dans une ville. Ce qui est détestable c'est que ce sont des individus qui ont été copains de jeunesse, dont les familles se connaissent, qui en arrivent à se tirer dessus, pour l'argent a priori distillé par Serge Dassault."

En février un deuxième homme est visé, devant témoin, par une figure connue, qui a travaillé pour la mairie. Encore handicapée aujourd'hui, la victime est l'un des auteurs de l'enregistrement clandestin dont Mediapart a publié des extraits, et dans lequel Serge Dassault reconnait avoir donné de l'argent. Ce nouvel élément ne semble pas ébranler Jean-Pierre Bechter, qui nous répond à la sortie conseil municipal :

" Cela ne change strictement rien. Ce qui change à Corbeil aujourd'hui c'est qu'on ouvre une maison pour handicapés de la fondation Serge Dassault, le reste ne change pas. J'ai huit cents voix d'avance en 2010, comment on achète huit cents voix ? Mon élection n'a jamais été contestée."


Selon le communiqué de ses avocats, "Serge Dassault confirme avoir été l'objet, depuis plusieurs années, de demandes pressantes de remises d'argent par divers individus qui avaient été informés de sa générosité en faveur des actions philanthropiques [...]. Afin de mettre un terme à ces exigences, parfois très insistantes, Serge Dassault avait pris pour parti de répondre systématiquement qu'il ne donnerait plus d'argent à qui que ce soit".

Jean-Pierre Bechter a été brièvement placé en garde à vue cet été dans l'enquête sur les fusillades. Le sénat a refusé la levée de l'immunité parlementaire de Serge Dassault, qui sera entendu le 2 octobre, par les juges d'instruction d'Evry, comme témoin assisté.


mardi 24 septembre 2013

Allemagne : il n’y a pas de miracle mais une guerre de classe


Alors que la crise a renversé les majorités dans toute l’Europe, la réélection de Merkel pour un troisième mandat, fait figure d’exception. Une exception qu’on nous explique par le prétendu miracle économique allemand.

L’Allemagne aurait traversé la crise « sans encombre » entend-on. Du point du vue de la bourgeoisie, il n’y a pas de doute ! Elle a profité de la crise pour restructurer, rentabiliser et gagner en compétitivité. Et elle l’a fait de la seule façon possible : contre les travailleurs. Les méthodes sont connues : chômage partiel, baisses de salaire, licenciements, explosion de l’intérim.

Affirmer aujourd’hui que l’Allemagne a « éradiqué le chômage de masse » est un mensonge révoltant. Il y a toujours 3 millions de chômeurs. Et surtout ce chiffre cache 8 millions de travailleurs pauvres.

L’Allemagne bat des records d’inégalités. De plus en plus de travailleurs en sont à cumuler deux, trois petits boulots pour vivre. Des retraités doivent se remettre à travailler à 65, 67 ans. L’espérance de vie régresse dans certaines régions. Voilà ce que les défenseurs du capitalisme appellent une « réussite ». Voilà ce qu’est pour eux, un pays prospère et compétitif;

Communiqué - Nathalie Arthaud


lundi 23 septembre 2013

Brèves

" L'impôt saigne le malheureux" comme le dit l'Internationale

Le gel du barème de l’impôt sur le revenu décidé par Sarkozy avait rendu imposables un million de foyers supplémentaires. 

Cette année, la décision de Hollande-Ayrault de maintenir ce gel rend imposables de 1,2 à 1,6 million de foyers supplémentaires qui, en plus de l’impôt sur le revenu, devront payer la taxe d’habitation ou la redevance audiovisuelle, et perdront certains droits qu’ils avaient en tant que non-imposables.

Moscovici, ministre de l’Économie, reconnaît les chiffres mais répète que le barème sera de nouveau indexé sur l’inflation l’an prochain. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient mais en attendant, aujourd’hui, il fait les poches des plus modestes.



Propagande patronale sur le "miracle" et envers du décor en Allemagne pour les travailleurs


À la veille des élections générales allemandes, les reportages se multiplient sur le « miracle » qui permettrait à l’Allemagne d’avoir un taux de chômage très bas et d’échapper à la crise. Mais ce « modèle » qui fait rêver le patronat français, ce sont les travailleurs qui en font les frais.  

Huit millions de salariés allemands gagnent moins de 8,5 € de l’heure (soit moins que le smic français). Plus d’un million n’ont que des « mini-jobs » à 450 € par mois. 

Les contrats d’intérim explosent, certaines entreprises licenciant avant de rembaucher le même salarié en intérim sur le même poste, mais avec 300 ou 400 € de moins !

En Allemagne comme en France, il n’y a pas de miracle, mais une guerre de classe menée par la bourgeoisie contre les travailleurs. De part et d’autre du Rhin, il est urgent de préparer la contre-offensive.

mardi 17 septembre 2013

Corbeil-Essonnes : « le système Dassault » prend l’eau de toutes parts




LES EXTRAITS DES ENREGISTREMENTS SONT A ECOUTER  
SUR DAILYMOTION 
ET SUR LE SITE DE MEDIAPART





Le journal en ligne Mediapart, a publié, dimanche 15 septembre, sur son site, les extraits d’une conversation de Serge Dassault, patron milliardaire, ex-maire de Corbeil-Essonnes, où celui-ci reconnaît avoir payé pour s’assurer de la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil, Jean-Pierre Bechter, lors de la campagne municipale de 2010. 

Enregistré à son insu par des « collaborateurs » qui venaient se plaindre de ne pas avoir touché leur part du gâteau, lors de la dernière campagne électorale, Dassault affirme en substance, dans ces extraits, que la source libanaise qui avait servi à payer la campagne était tarie, qu’il avait « donné l’argent », « qu’il ne pouvait plus donner un sou à qui que ce soit ». « Si c’est mal réparti –continue-t-il dans l’un des extraits- ce n’est pas de ma faute. Je ne vais pas payer deux fois. Moi j’ai tout payé, donc je ne donne plus un sous à qui que ce soit. Si c’est Younès, démerdez-vous avec lui. Moi je ne peux rien faire ». 

Des déclarations qui sonnent comme un aveu !  

 Ce fameux Younes, soi-disant « un brave homme », selon les propres mots de Dassault, un « entrepreneur » qui avait pignon sur rue, est aujourd’hui en cavale, car il est soupçonné d’avoir participé à une tentative d’assassinat, en février dernier, sur deux de ses comparses, mécontents du partage du butin de 1,7 millions d’euros, et qui avaient tenté de faire chanter le patron milliardaire.

Voilà des faits difficilement réfutables, qui viennent confirmer… ce que tout le monde savait déjà, à savoir que Dassault avait mis en place un système mafieux, clientéliste, « achetant des voix », pardon, « faisant des dons », s’appuyant, entre autres, sur des malfrats pour faire campagne et  se faire élire maire de Corbeil en 1995. Puis, lorsque son élection avait été invalidée pour fraude, en 2010, le système Dassault, bien huilé, avait permis à son homme-lige, l’actuel maire, de se faire élire à sa  place, avec les mêmes méthodes. Mais voilà, quand le bateau prend l’eau de toute part, les rats quittent le navire, balançant tout par-dessus bord. Les malfrats, autrement dit certains « collaborateurs » se canardent en pleine rue, à Corbeil, pour le partage du magot, n’hésitant pas à mordre la main nourricière, balançant tout dans la presse. Dassault est pris dans le piège d’un système de corruption qu’il a contribué à mettre en place dans la ville, depuis plusieurs décennies. 

Dassault est, paraît-il, aux abonnés absents. Bechter, l’actuel maire, chiraquien de la première heure, nie tout en bloc et affirme en substance que les Tarterêts, cité de Corbeil, est une « succursale d’Hollywood » où l’on trouve toute sortes d’enregistrements, mêmes les faux les plus grossiers. 

Ne pouvant nier l’évidence, il fait monter au créneau ses avocats qui n’ont pas traîné pour allumer des contre-feux. Ils ont inventés une belle histoire, faites d’eau de rose et d’images d’Epinal, publiée dans Le Figaro du mardi 17 septembre, (quoi de mieux pour se défendre que de le faire dans les colonnes du journal, propriété de leur client), expliquant  que Dassault aurait été victime de sa propre générosité ! A les entendre, celui-ci  aurait  été l'objet, depuis plusieurs années, « de demandes pressantes de remise d'argent par divers individus », « qui étaient informés de sa générosité en faveur d'actions philanthropiques ». Et la main sur le coeur (… et sur le portefeuille), n’écoutant que sa légendaire générosité, le magnat de la presse et de l’armement aurait utilisé « sa fortune pour porter aide ou secours », à «  des familles ou à des jeunes en difficulté ou désireux de lancer des projets professionnels », et de leur « accorder un soutien financier ». Mais « toujours en dehors de toute démarche électorale » précisent-ils. 

On en pleurerait presque ! 

Les sénateurs qui ont refusés de lever l’immunité parlementaire de Dassault, en juillet dernier, afin qu’il soit entendu par la justice, devraient écouter les extraits de l’enregistrement ! Cela les aidera à mieux se renseigner  sur les méthodes peu orthodoxes de leur cher collègue !