mardi 17 septembre 2013

DANS LA PRESSE A PROPOS DE DASSAULT



ARTICLE DE MARIANNE
Serge Dassault le marchand de voix
Lundi 16 Septembre 2013
Thibault Le Berre‏

Mediapart a publié dimanche une bande audio sur laquelle l’industriel milliardaire et sénateur UMP, Serge Dassault, reconnaitrait avoir acheté des voix lors de la dernière élection à Corbeil-Essonnes en 2010.

Nouveau pavé dans la mare de Corbeil-Essonnes. Mediapart a publié dimanche trois extraits d’un enregistrement clandestin où le propriétaire du quotidien Le Figaro, Serge Dassault, et ancien maire de la ville, est censé avoir une conversion avec deux individus durant laquelle est mentionnée une somme de 1,7 millions d’euros pour assurer la victoire de Jean-Pierre Bechter, son successeur, lors de la campagne municipale de 2010.
 
Mediapart affirme avoir authentifié la voix de sénateur UMP et s’être assuré qu’il n’y avait pas de montage. Réalisé fin 2012, l’enregistrement clandestin, déjà évoqué par le Canard Enchaîné, révèlerait des paiements effectués à partir du Liban pour financer l’achat de voix. L’actuel maire de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter confie au site d'information en avoir déjà entendu parler mais déclare « n’en (avoir) rien à foutre. » « En bon Chiraquien, je vous dirai que ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » poursuit-il. 

L’ancien député RPR de Corrèze ajoute par ailleurs ne pas avoir évoqué l'existence de l’enregistrement avec le principal intéressé, Serge Dassault et tente de discréditer les propos qui lui sont prêtés. « Peut-être qu’il se fout d’eux. Moi j’ai été élu sans verser un euro. Je n’ai jamais entendu parler d’achat de voix. Il y avait un magistrat dans chaque bureau de vote. J’ai été élu avec 750 bulletins d’avance. Comment voulez-vous acheter 800 voix ? Ca couterait une fortune. Et de toute façon, un mois avant l’élection, grâce aux sondages, on savait que j’allais gagner. Je ne vois pas pourquoi il aurait dépensé un euro. Et aucun de mes adversaires politiques n’a d’ailleurs contesté mon élection » conclut-il.
 
Les soupçons et les accusations de corruption lors de la campagne municipale de Corbeil-Essonnes ne sont pas nouveaux.
Le Conseil d’Etat avait déjà annulé, dans une décision du 22 mai 2009, la victoire de Serge Dassault lors de l’élection municipale du 16 mars 2008. L'invalidation de ses comptes de campagne l'avait ainsi rendu inéligible pour une durée d’un an, en raison justement des « éléments qui établissent l’existence de pratiques de dons en argent d’une ampleur significative à destination des habitants de la commune. » Si « l’ampleur de ces dons en argent ne peut être précisément déterminée, ces faits ont été, eu égard à l’écart de voix, de nature à altérer la sincérité du scrutin et à en vicier les résultats » précise la Cour. 

 
Un an plus tard, le Conseil d’Etat sévit à nouveau en annulant l’élection municipale d'octobre 2009. Jean-Pierre Bechter l’avait emporté avec un écart de 27 voix sur son concurrent Michel Nouaille, (Parti communiste Français - PCF). Cette fois, le bras droit de Serge Dassault avait, en infraction au code électoral, fait apparaître sur ses bulletins la mention «  Secrétaire général de la fondation Serge Dassault », ce qui selon la Cour était susceptible de causer une confusion dans l’esprit de certains électeurs sur les enjeux exacts du scrutin. L'instruction a prouvé de surcroît que « pendant la campagne électorale, M. Bechter et M. Dassault ont affirmé, à plusieurs reprises, que, si le premier était candidat, le second continuerait, en cas de victoire, à exercer une influence déterminante sur la gestion municipale ». Jean-Pierre Bechter a malgré tout remporté l'élection après la tenue d'un troisième scrutin.


Les prochaines élections en 2014 seront-elles compromises pour le clan après l'ouverture fin mars d'une information judiciaire - concernant les campagnes municipales de 2008 et 2010 - pour soupçons de « blanchiment », « d’abus de biens sociaux », de « corruption » et d’«achats de vote»?


Source :
http://www.marianne.net

ARTICLE DU MONDE

Corbeil-Essonnes : Serge Dassault convoqué par les juges comme témoin assisté

Le Monde.fr |

Les avocats de l'ancien maire UMP de Corbeil-Essonnes Serge Dassault ont vivement réagi lundi soir à la diffusion, par Mediapart, de trois extraits d'un enregistrement clandestin où l'industriel reconnaît avoir versé de l'argent pour s'assurer de la victoire de son dauphin aux dernières municipales. Dénonçant un "enregistrement pirate" et "illicite" où ils ne voient que des "morceaux choisis, sortis de leur contexte" et sans "garantie sur la date (...), ce qui autorise tous les amalgames", Mes Jean Veil et Pierre Haïk ont eux-mêmes annoncé que leur client était convoqué par les juges d'Evry le 2 octobre pour être entendu en tant que témoin assisté.

La justice enquête à Corbeil-Essonnes, ville dont le sénateur UMP a été maire une quinzaine d'années (1995-2009), sur deux affaires distinctes : l'une instruite à Paris concernant des soupçons d'achats de voix aux élections, et une autre instruite à Evry sur deux tentatives d'homicide, commises en janvier et février 2013, et qui pourraient être liées.
Dans les extraits sélectionnés par Mediapart à partir d'un "enregistrement clandestin réalisé fin 2012" d'une durée de 24 minutes, l'industriel, dont le site dit avoir identifié la voix, "admet" avoir "payé pour s'assurer de la victoire" de son dauphin, Jean-Pierre Bechter, aux municipales de 2010. Il est également question dans cet enregistrement, dont Le Canard enchaîné avait fait état en décembre 2012, de paiements depuis le Liban et d'une surveillance policière.
Des achats de voix dénoncés depuis des années par l'opposition municipale, qui avait contesté à deux reprises les élections, en 2008 puis en 2009. Selon le site d'information, les deux hommes à l'origine des enregistrements, habitants de Corbeil-Essonnes, ont été visés par des tirs trois mois après leur diffusion. 

"UTILISER SA FORTUNE POUR PORTER AIDE OU SECOURS"
Sans nier qu'il s'agisse bien dans l'enregistrement de la voix de leur client, les avocats arguent que Serge Dassaut a bien fait l'objet "de demandes pressantes de remise d'argent par divers individus qui avaient été informés de sa générosité" et contre lesquels il a porté plainte.
Ils soulignent par ailleurs que leur client "ayant toujours eu à cœur d'utiliser sa fortune pour porter aide ou secours, quand cela lui paraissait utile et opportun, à des familles ou à des jeunes en difficulté", il lui est arrivé "d'accorder un soutien financier, mais toujours en dehors de toute démarche électorale".

"L'ARGENT A ÉTÉ DONNÉ, COMPLÈTEMENT"
Le 3 juillet, le Sénat avait refusé pour "défaut de motivation" la demande de lever l'immunité parlementaire de Serge Dassault, que des juges d'Evry souhaitaient entendre sous le régime de la garde à vue.
L'élection municipale de 2008, qui avait vu la réélection de Serge Dassault, avait été invalidée en 2009 par le Conseil d'Etat pour des dons d'argent que l'industriel, dont la fortune est estimée à 9,9 milliards d'euros par le magazine Challenges, a toujours contestés. Les avocats du milliardaire expliquent que "certains individus se sont acoquinés pour tenter de contraindre Serge Dassault à leur remettre des fonds."
Par ailleurs, durant les enregistrements, l'ancien maire reconnaît avoir commis des actes illégaux et avoir opéré des paiements occultes depuis le Liban. "L'argent a été donné, complètement. Moi, j'ai donné l'argent. Je ne peux plus donner un sou à qui que ce soit. Il n'y a plus de Liban. Il n'y a plus personne là-bas, c'est terminé. Moi, j'ai donné l'argent", dit-il.

ARTICLE DU PARISIEN

Corbeil-Essonnes: Mediapart publie un enregistrement de Serge Dassault

Publié le 15.09.2013, 21h50


Mediapart a publié dimanche des extraits d'une conversation de Serge Dassault susceptibles, selon le site d'information, de constituer une "pièce à conviction centrale" dans l'enquête sur la corruption électorale dans la ville de Corbeil-Essonnes dont le sénateur UMP est l'ancien maire. |  

Eric Piermont

Mediapart a publié dimanche des extraits d'une conversation de Serge Dassault susceptibles, selon le site d'information, de constituer une "pièce à conviction centrale" dans l' sur la corruption électorale dans la ville de Corbeil-Essonnes dont le sénateur est l'ancien maire. "Cette fois, Serge Dassault ne pourra pas nier", écrit Mediapart, assurant que l'enregistrement et la voix de l'industriel ont été dûment authentifiés.

Le sénateur UMP n'avait pu être immédiatement joint par l'AFP dimanche soir, pas plus que son successeur à la mairie de Corbeil, Jean-Pierre Bechter. Ce dernier a assuré à Mediapart avoir été élu "sans verser un " et n'avoir "jamais entendu parler d'achat de voix".

Mediapart publie trois extraits d'un "enregistrement clandestin réalisé fin 2012" que le site dit avoir écouté dans son intégralité. L'industriel milliardaire y "admet" avoir "payé pour s'assurer de la victoire" de Jean-Pierre Bechter aux municipales de 2010.

Il est notamment question dans cet enregistrement, dont le Canard Enchaîné avait fait état en décembre 2012, de paiements depuis le Liban et d'une surveillance policière.

La justice enquête à Corbeil-Essonnes, ville dont le sénateur UMP a été maire une quinzaine d'années (1995-2009), sur deux affaires, une concernant des soupçons d'achats de voix aux élections, et une autre des tentatives d'homicide qui pourraient être liées.

Le 3 juillet dernier, le Sénat avait refusé, pour "défaut de motivation" de la demande, de lever l'immunité parlementaire de Serge Dassault, que des juges d'Evry souhaitaient entendre sous le régime de la garde à vue.

La justice, qui n'a pas établi de lien entre les tentatives d'assassinat et des achats de voix présumés, enquête sur ces deux volets, de façon distincte, à Evry pour le premier dossier et à Paris pour le deuxième.

Les achats de voix sont dénoncés depuis des années par l'opposition municipale, qui avait contesté à deux reprises les élections, en 2008 puis en 2009.

L'élection municipale de 2008, qui avait vu la réélection de Serge Dassault, avait été invalidée en 2009 par le Conseil d?Etat pour des dons d'argent que l'industriel, dont la fortune est estimée à 9,9 milliards d'euros par le magazine Challenges, a toujours contestés. Jean-Pierre Bechter lui avait ensuite succédé mais le sénateur reste omniprésent dans la ville de Corbeil.

vendredi 13 septembre 2013

Aujourd’hui, samedi, dimanche


Lutte Ouvrière à la fête de l’Humanité
 
Comme les années précédentes, Lutte Ouvrière tiendra un stand pendant les trois jours de la Fête de L’Humanité : vendredi 13, samedi 14 et dimanche 15 septembre. Il sera situé avenue Frida Kalho.
 
Dans le stand Lutte Ouvrière, vous trouverez :
 
- Des débats : vendredi à 19 h, samedi à 16 h et à 20 h, et dimanche à 14 h,

- Un espace librairie avec des ouvrages sur le mouvement ouvrier et les publications de Lutte Ouvrière.

jeudi 12 septembre 2013

Il y a 40 ans, Chili, 11 septembre 1973 : le coup d'État de Pinochet et l'écrasement du mouvement ouvrier


Il y a quarante ans, le 11 septembre 1973, une junte militaire dirigée par le général Augusto Pinochet prenait le pouvoir au Chili, renversant le gouvernement d'Unité populaire dirigé par le socialiste Salvador Allende.

Des chars de l'armée quadrillent les rues de Santiago (archives)
Allende avait été porté au pouvoir trois ans auparavant, en septembre 1970, dans le cadre d'une alliance électorale dont les principales composantes étaient le Parti communiste, le Parti radical, le MAPU (scission de gauche de la Démocratie chrétienne). Mais le résultat électoral de cette coalition de gauche étant insuffisant pour former une majorité, les dirigeants du Parti socialiste et du Parti communiste avaient conclu un accord avec la Démocratie chrétienne, parti de centre droit dirigé par le président sortant Eduardo Frei, au pouvoir depuis cinq ans mais fortement discrédité.

Des militants de gauche envoyés dans des camps (archives)
Par cette alliance, les dirigeants socialistes et communistes de l'Unité populaire montraient qu'ils entendaient gouverner dans le respect de l'ordre social et institutionnel, tout en promettant le changement à la classe ouvrière et à la paysannerie. L'arrivée au pouvoir par les urnes d'Allende fut saluée par la gauche dans de nombreux pays comme la preuve qu'il était possible d'aller au socialisme par la voie électorale. Un slogan crié alors au Chili et dans les milieux de gauche de nombreux pays proclamait : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu ». Il illustrait un espoir sans doute, mais aussi bien des illusions dont l'issue fut tragique.

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Lutte Ouvrière à la fête de l’Humanité

Dernière minute
 
Comme les années précédentes, Lutte Ouvrière tiendra un stand pendant les trois jours de la Fête de L’Humanité : vendredi 13, samedi 14 et dimanche 15 septembre. 

Il sera situé avenue Frida Kalho.

Dans le stand Lutte Ouvrière, vous trouverez :

- Des débats : vendredi à 19 h, samedi à 16 h et à 20 h, et dimanche à 14 h,

- Un espace librairie avec des ouvrages sur le mouvement ouvrier et les publications de Lutte Ouvrière.

Après la journée d’action du 10 septembre


Un grand nombre de travailleurs, et en particulier des militants, se sont saisis de l’occasion offerte par l’appel à manifester de la CGT, FO, FSU et Solidaires contre le projet du gouvernement sur les retraites, pour exprimer leur opposition aussi bien à ce projet scandaleux que, plus généralement, à la politique du gouvernement, entièrement au service des intérêts du grand patronat et désastreuse pour les salariés, les chômeurs, les retraités.

Il serait naïf de croire que l’on peut faire reculer la grande bourgeoisie et le gouvernement autrement que par une lutte déterminée, massive, explosive, entraînant de larges couches d’exploités qui subissent la dégradation brutale de leurs conditions d’existence par la violence patronale et gouvernementale. 

Mais celles et ceux qui ont participé aux manifestations malgré les arrière-pensées des directions syndicales et leur incapacité à proposer une stratégie de lutte, ont eu raison de faire entendre une protestation venant du monde du travail.

Pour les travailleurs, l’avenir dépendra de leur capacité à engager la lutte collective nécessaire, mais il est important de saisir toutes les occasions de montrer qu’ils ne se reconnaissent en rien dans ce gouvernement et dans les mesures qu’il prend.
Nathalie Arthaud

mardi 10 septembre 2013

Mardi 10 septembre, manifestons notre refus de la politique du gouvernement !


Les gesticulations guerrières de Hollande en direction de la Syrie ne peuvent certainement pas faire oublier les coups portés aux travailleurs. Mardi 10, la CGT, FO, la FSU et Solidaires appellent à faire grève et à manifester. C’est l’occasion de protester contre ce nouveau racket sur les pensions.
Tout est odieux, dans cette attaque : l’allongement de la durée de cotisation à 43 annuités, dont le but est d’abaisser les pensions ; l’augmentation des cotisations, à sens unique, puisque les patrons ont l’assurance qu’elle sera compensée tandis que les travailleurs, eux, paieront ; le report de la revalorisation des pensions du 1er avril au 1er octobre, qui est un vol dissimulé de 1,5 milliard dans les poches des retraités.
Cette attaque contre les retraites justifie à elle seule de manifester, mais il y a bien d’autres raisons. Flambée des prix, augmentation des impôts, gel des salaires, angoisse du chômage et de la précarité, les conditions de vie sont menacées par tous les bouts !
Cette journée de grève ne bouleversera pas le rapport de force au point de faire peur au grand patronat et il faudra en passer par là pour ne pas être poussés vers la pauvreté. Mais on peut toujours crier notre colère et dire au patronat avide et au gouvernement servile « Non, ça suffit » !
Nathalie Arthaud

dimanche 1 septembre 2013

À bas la réforme Ayrault des retraites !

Communiqué
Le gouvernement a donc annoncé la hausse des cotisations retraite. Par ailleurs, la durée de cotisation va être portée de 41,5 à 43 ans pour une retraite à taux plein. Autant dire que la retraite à 60 ans, que le PS avait promis de rétablir, et même à 62 ans, n’existera plus pour personne ; qui, aujourd’hui, travaille à partir de 17 ou 19 ans pour cotiser ensuite sans interruption ? Cette réforme va immédiatement réduire les salaires et, de façon déguisée, les pensions de tous dès l’an prochain. À terme, elle diminuera également les retraites, ou obligera les travailleurs à s’épuiser à la tâche, jusqu’à 63, 65 ou 67 ans.

Cette réforme est donc dans la droite ligne de toutes les régressions des régimes de retraite depuis vingt ans, la réforme Sarkozy-Fillon de 2010 incluse. Elle s’ajoute à tous les coups que le gouvernement et le patronat assènent aux travailleurs pour leur faire payer la crise.

Ce nouveau recul est inacceptable. Lutte Ouvrière appelle à participer le plus nombreux possible aux grèves et aux manifestations du 10 septembre. Une seule journée d’action, sans lendemain, n’empêchera pas le gouvernement de mettre en place son projet scélérat et encore moins le contraindra à changer de politique.

Mais c’est une première occasion de crier notre colère et notre refus. Cela permettra de montrer, au gouvernement, au patronat, et aussi aux dirigeants des confédérations syndicales qui prennent prétexte de la passivité des travailleurs pour justifier leur propre inertie, que le monde du travail en a assez de toujours subir sans réagir.
Nathalie Arthaud

mercredi 21 août 2013

ECHOS



Le bruit et l'odeur... Valls dans les pas de Chirac ?

Au cours du « séminaire » gouvernemental, Valls a tenu des propos peu ragoûtants. Cela lui évite de parler des patrons qui licencient, du chômage et de la pauvreté qui explosent Il a montré du doigt les travailleurs d’origine africaine qui, à l’entendre, seraient trop nombreux en France. Et il ne s’est trouvé aucun ministre, et pas plus Hollande, pour le contredire.

Ce n’est pas le premier leader du PS à tenir des propos contre les travailleurs immigrés. Rappelons Mauroy, alors Premier ministre, qui accusait les grévistes de l’automobile d’être manipulés par les intégristes. C’était en 1982.

Par ses attaques contre les droits des travailleurs, le gouvernement Hollande cautionne le discours du Front national et, du même coup, renforce le camp du patronat.

La santé doit passer avant les profits 

Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament, 45 traitements sont actuellement en rupture de stock, et 17 proches de l’être. C’est le cas du Lévothyrox, médicament sans équivalent pour les affections de la thyroïde, qu’utilisent près de 3 millions de personnes.

Le trust du médicament Merck, qui a le monopole, produit le Lévothyrox en flux tendu. Pour ces sociétés, constituer des stocks est une dépense qui nuit à leurs profits. Tant pis pour les malades.

Les leçons d’Égypte

Editorial de Lutte Ouvrière

Il y a deux ans, une puissante vague de manifestations populaires a incité l’état-major de l’armée égyptienne à lâcher le Général Moubarak, tombé après plus de trente ans de pouvoir. Les dirigeants du monde impérialiste, les États-Unis en tête, se sont alors bruyamment félicités de la fin de la dictature militaire qu’ils avaient soutenue, financée et armée tant qu’elle s’était montrée capable de maintenir l’ordre. Et tous de faire des discours sur le « printemps arabe » qui allait accoucher d’une démocratie et d’une ère nouvelle pour le peuple égyptien.

Non seulement le « printemps » annoncé n’a pas assuré le pain pour les masses pauvres, paysans misérables et prolétaires des villes, mais en guise de liberté, c’est le retour de l’armée dans les rues, avec en plus l’approbation d’une partie de la population écoeurée par la politique de Mohamed Morsi, représentant des « Frères musulmans », élu président il y a à peine un an et démis du pouvoir par l’armée. Aujourd’hui, l’Égypte est à feu et à sang, les grandes villes quadrillées de chars, militaires et policiers tirant à balles réelles, y compris sur des manifestants désarmés. Mille morts, sans doute deux mille, des quartiers en flammes et une guerre civile qui prend de l’ampleur.

Cette guerre civile est aussi sanglante que stérile du point de vue des intérêts de l’immense majorité pauvre de la population. Il y a d’un côté l’armée, l’état-major et la caste des officiers supérieurs, qui ont imposé un régime de répression féroce pendant plus d’un demi-siècle en faisant se succéder les leurs à la tête de l’État. L’ordre social que l’armée protège préserve avant tout les intérêts matériels de la grande bourgeoisie, surtout internationale, le pillage du pays par les grands groupes occidentaux, sans parler du rôle stratégique du régime égyptien au Moyen-Orient.

En face de l’armée, il y a les « Frères musulmans ». L’un d’eux est certes arrivé au pouvoir par les urnes, mais ils veulent imposer à la population une autre forme de régime autoritaire, marqué par l’obscurantisme, par la violence contre ceux qui ne partagent pas leurs croyances et par l’oppression des femmes. Ces deux forces sont rivales, mais aussi déterminées l’une que l’autre à tenir sous contrôle les masses pauvres.

Le drame du peuple égyptien est d’être déchiré entre deux forces politiques, aussi incapables l’une que l’autre d’assurer même les simples libertés démocratiques et à plus forte raison, de mettre fin au sous-développement du pays et à l’immense misère de ses classes laborieuses. Et les deux sont intimement liés. Comment les exploiteurs pourraient concéder les libertés démocratiques aux exploités là où les inégalités sociales sont aussi criantes et la misère aussi grande ?

La chute de Moubarak n’a rien changé à tout cela. La situation de la population laborieuse n’a cessé de se détériorer parce que c’est la crise économique, parce que le chômage s’est aggravé, notamment avec l’effondrement du tourisme, parce que, dans sa guerre pour préserver ses profits, la grande bourgeoisie est impitoyable avec les prolétaires des pays pauvres. Pendant que les Obama ou Hollande péroraient sur la « transition démocratique », les groupes capitalistes continuaient à piller l’Égypte, à pousser les masses laborieuses vers l’abîme, mais aussi à financer et à entraîner son armée. 

Le Général Al-Sissi, nouveau candidat à la dictature, a été formé dans une école de guerre des États-Unis. Les protestations des chefs d’États occidentaux contre la violence de l’armée dissimulent leur complicité hypocrite.

Il ne faut pas s’y tromper : même si l’armée cible les « Frères musulmans » et si elle prétend défendre la laïcité et le droit des femmes ou la minorité chrétienne, c’est surtout les classes pauvres que l’armée veut terroriser avec l’approbation des grandes puissances.

Les masses populaires ont démontré par deux fois en deux ans, contre Moubarak d’abord, Morsi plus récemment, leur capacité de se mobiliser. Mais l’Égypte montre aussi que la puissance des masses exploitées peut être dévoyée, gaspillée si elles ne sont pas guidées par un prolétariat conscient de ses intérêts de classe, et se battant avec ses propres organisations et sous son propre drapeau. Il n’y aura de véritable révolution en Égypte qu’avec la prise de conscience par les masses exploitées qu’elles ne changeront leur sort qu’en mettant fin au pouvoir étatique de la bourgeoisie, locale et internationale, et à sa mainmise sur l’économie.

L’Égypte est loin, et pas seulement dans l’espace. Mais la leçon des évènements tragiques qui se déroulent là-bas ne vaut pas seulement pour ses prolétaires, mais aussi pour nous, travailleurs de ce pays.

vendredi 5 juillet 2013

Le Sénat refuse de se mouiller : Dassault restera protégé par l’immunité parlementaire !

La demande de levée d’immunité parlementaire visant le sénateur (UMP) Serge Dassault a été rejetée, mercredi 3 juillet, par le bureau du Sénat. Ce qui met, pour le moment, l’ancien maire de la municipalité de Corbeil-Essonnes à l’abri de toute poursuite dans le cadre de l’enquête en cours. Celle-ci concerne une tentative d’assassinat et le système de corruption et d’achat de votes que Dassault est soupçonné d’avoir mis en place pour remporter les élections municipales de 2008 à 2010. Et d'aucuns de penser que Dassault, 5ème fortune française, grand patron milliardaire, sénateur, bénéficie du soutien de ses pairs. 

Selon un communiqué laconique du bureau du Sénat, la requête des juges « présentait un défaut de motivation ». Celle de la majorité des sénateurs guère pressés de voir ce grand patron, l'un des leurs, rendre des comptes à la justice…est en revanche évidente ! 

Mais qui a voté contre et a finalement "protégé" Dassault ?  

Les sénateurs communistes ont voté pour la levée de l’immunité parlementaire. Cela a le mérite d'être clair . Les sénateurs de droite contre probablement ? Mais la majorité au Sénat n'est-elle pas à gauche ? Alors qu'ont fait les sénateurs socialistes ? 

Ils ne sont guère disert sur la question. Y aurait-il un "Virenque" parmi eux qui "aurait voté contre [la levée de l'immunité parlementaire]à l'insu de son plein gré"

Ce n'est pas la première fois que le parti socialiste vient au secours d'un grand patron milliardaire !